A mon Nono

A mon Nono

Ce matin, Patrice m’a appelé pour m’annoncer le décès de mon copain Arnaud Binard.

Une fois la colère passée de ne pas avoir été prévenu de sa mort, j’ai repensé à nos longues discussions où nous étions d’accord sur rien, où nous étions en fait d’accord sur tout. Arnaud était un militant écolo sincère, comme il m’est rarement amené d’en rencontrer. Quand je l’appelais, nous avions ce plaisir commun à vouloir refaire le monde qui, heureusement, continuait d’avancer sans nous, malgré le nucléaire et le réchauffement climatique.

A l’occasion des élections sénatoriales, c’est avec lui que j’ai travaillé sur le programme que nous avons mis au point avec sa compagne Lætitia. Quand il s’agit de se présenter à une élection, sachez que les écolos sont des gens extrêmement soudés, dignes d’une organisation stalinienne telle que la FNSEA. Gageons que Jadot soit au 2e tour en 2022.

Nous avions ensemble organisé des débats politiques, notamment avec François-Xavier Priollaud, en compagnie de Philippe Méoule. Arnaud et Philippe sont morts. Leur mémoire, leur soin particulier à croquer la vie à pleines dents nous resteront graver dans nos cervelles de moineaux. Quand j’ai eu Lætitia ce soir au téléphone, elle s’est aussi inquiétée pour moi. Arnaud et moi avons le même âge. 57 ans. Je n’ai jamais fumé. Je n’ai ni cholestérol, ni diabète, ni triglycérides. Le fait d’avoir eu une fille à 50 ans m’aura amené à réfléchir.

Arnaud va me manquer. Nous passions des heures au téléphone à chercher à nous convaincre mutuellement. La dernière fois que j’ai vu mon Nono, c’était à l’occasion des sénatoriales. Lætitia était venu avec sa Tesla. Lui était arrivé avec son vélo électrique. Deux poids. Deux mesures. On a parlé bière bio, bagnole et vélo électriques. La base quoi. De tout et de rien, comme disait Jacques. C’est ça que j’aimais chez Arnaud. Il va me manquer cruellement. Depuis septembre 2020, je ne l’avais pas rappelé. Je savais que nous étions sur des positions antagonistes et je n’avais surtout pas envie de m’engueuler avec lui. Comme avec Lætitia, d’ailleurs.

Ce soir, je pense à Lætitia. La vie, elle, continue. J’aimais Nono, sincèrement, profondément. Il nous manquera, à Virginie et à moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *