Aphantasie politique

Aphantasie politique

Lors de l’intronisation d’Emmanuel Macron en 2017, Laurent Fabius avait vanté sa grande expertise au jeu du chamboule-tout. Dimanche dernier, en prononçant la dissolution de l’Assemblée nationale, il nous a remis le couvert.

La droite en lambeaux

C’était devenu un secret de polichinelles : la droite politique française n’existe plus dans notre pays, suite à l’OPA du RN sur son fonds de commerce. Ses électeurs s’en sont allés vers de meilleurs cieux. Darmanin, Le Maire, Lecornu et Philippe n’ont pas attendu de trahir leurs idées et leur propre camp. Les hommes politiques, comme le disait Léon Blum, sont condamnés à se répéter ou à se contredire. Mardi, Ciotti a compris que, pour exister politiquement dans le cadre d’élections uninominales à deux tours, il faut des alliés. Opportunément, il s’est tourné très naturellement vers le seul parti qui l’aurait fait battre le 7 juillet. Il devrait conserver son rond de serviette dans les ors de la République.

La matrice du RN

Depuis 2022, la stratégie de dédiabolisation voulue par la Marine nationale aura porté ses fruits. Le p’tit Jordan, très propre sur lui, aura permis au mouvement d’extrême-droite d’être en position de gouverner la France. Du coup, Sébastien Chenu, vice-Président du RN, un ancien SDF ramassé à la porte de l’UMP, s’est pris les pieds dans le tapis en remettant en selle l’idée de supprimer la double nationalité. Il s’y voit déjà, en haut de l’affiche. Les chefs d’entreprise hésitent à voter pour un parti susceptible de leur enlever le prolétariat bon marché que constituent les migrants clandestins et les immigrés. Entre le nouveau Front Populaire et le RN, les électeurs de droite, à l’image de ce faux-cul de François-Xavier Bellamy – n’hésiteront pas un seul instant à voter pour le RN. En dehors de quelques macronistes, la gauche face au RN n’a pas de grandes réserves de voix.

Les épouvantails

Durant les 5 derniers jours, Mélenchon et Glucksmann se sont faits extrêmement discrets, pendant que les chefs des partis de gauche parvenaient à un accord électoral et un embryon de programme politique aux forceps. La gauche de droite a fini par accepter de s’associer à un projet bien plus radical que cette mauvaise soupe qu’elle nous aura servie entre 2012 et 2017. Ruffin s’est cramé au poste de futur 1er ministre en déclarant que nous avions un taré à la tête de l’État, dans l’hypothèse où il y ait suffisamment de castors au centre droit pour faire barrage. Un taré, je ne sais pas. Un grand gamin immature à coup sûr. Qui pourrait être le 1er ministre dans l’hypothèse où la gauche l’emporterait le 7 juillet ?

La fin de la Macronie et du centre

En appelant de ses vœux une clarification nécessaire, Macron n’avait pas pensé que l’ancien monde s’inviterait au jeu du chamboule-tout. Le 7 juillet, une chose est sûre : le centre aura disparu du paysage politique français, du fait à gauche du retour de la logique du bloc contre bloc. Difficile de dire qui, de la gauche ou de l’extrême-droite, tirera les marrons du feu, même si le RN a l’avantage d’ores et déjà de proposer un 1er ministre !

 

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