Aux origines du communautarisme des temps modernes

Aux origines du communautarisme des temps modernes

C’est en parcourant les nombreux bouquets de chaînes télévisées de ma nouvelle Freebox révolution que j’ai peut-être compris pourquoi et en quoi nos sociétés modernes avaient versé dans le communautarisme.

Lorsque le frère de mon grand-père épousa une algérienne, rien chez elle, à l’exception du refus de consommer du porc et de l’alcool, n’en faisait une personne très différente des femmes de mineurs polonais, italiens, portugais, italiens ou français. Qu’a-t-il donc bien pu se produire entre les années 60 et les années 90 ? Les radios libres d’abord, puis le satellite et enfin Internet avec l’adsl et la fibre. Du coup, les immigrés en France préfèrent regarder et écouter dans leur langue maternelle les différents bouquets des pays africains proposés par les FAI français, là où, dans les années 60, ils n’avaient accès qu’à une seule chaîne de télévision et à des radios de service public en français.

Le communautarisme n’est pas un phénomène nouveau. En arrivant en France dans le bassin houiller de Lens, ma grand-mère a tout d’abord cherché des repères au sein de la communauté polonaise vivant en France. Ayant perdu son amour de jeunesse au Maroc, elle s’est remariée avec mon grand-père, Henri Macron, un Lorrain. A l’époque, les jeunes se rencontraient dans des bals populaires. Quand je suis arrivé à Saint-Eloi au milieu des années 90, le comité des fêtes organisait encore le bal du 14 juillet.

Depuis, les gens se sont enfermés sur eux-mêmes et nous en voyons les conséquences à l’occasion de l’organisation de manifestations et d’événements au niveau de nos communes rurales. La seule chose qui fait encore bouger les familles, ce sont les spectacles et les événements touchant à l’école et aux enfants.

J’ai appris, avec intérêt, que Netflix était en perte de vitesse. Je m’en suis d’ailleurs très rapidement désabonné, compte tenu du faible intérêt des films proposés. Dans le même temps, les syndicats à l’occasion de la bataille des retraites voient un grand mouvement d’adhésion des salariés. Nous sommes face à une contradiction : d’un côté, une rétractation de la société sans précédent, mue par l’hyper-individualisme, le consumérisme et la consommation effrénée de jeux vidéos et de séries ; de l’autre, une envie de collectif qui émerge en réaction à ce mouvement nihiliste des sociétés post-industrielles de l’ère numérique.

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