Aya Nakamura, l'arme de destruction massive de la République française

Aya Nakamura, l’arme de destruction massive de la République française

Il aura fallu attendre patiemment la mort soudaine d’Alain Rey pour que nous prenions conscience de l’envergure du talent d’Aya Nakamura. Avec elle, désormais, le rayonnement de la France est assurée et les Américains n’ont qu’à bien se tenir. On me dit même à l’oreillette que Barack Obama ne serait pas complètement insensible au boule de la jeune française. Oui, Nakamura est à la chanson ce que Tchernobyl est au nucléaire !

Hier soir, ma femme disait enfin adieu à ses 45 ans, elle qui est née après que Giscard a été élu Président de notre grande République française une et indivisible en mille morceaux. Quel choc culturel, pour une femme qui n’aura connu que l’accordéon, que de basculer enfin dans la modernité ! Quel choc, hier soir, à entendre Aya Nakamura ! Il a fallu que je séquestre ma femme dans le salon, afin d’entendre les maux mots de la chanteuse française la plus écoutée du moment. Malgré le sous-titrage, ma femme me disait ne rien comprendre à sa prose. La mauvaise foi de cette femme… Elle n’a jamais aimé la grande chanson française. Déjà petite, ses parents l’empêchaient d’écouter Anne Sylvestre ! Le ver était dans le fruit, un peu à moitié plein.

Morceaux choisis.

Je sais que vous allez me reprocher une grande malhonnêteté intellectuelle à sortir des phrases de leur contexte chansonnier-nié-niais. Et vous me feriez, là, un procès d’intention. Aya Nakamura innove. Elle sulfate notre langue qui, avec elle, aura su tant progresser. Elle la passe au hachoir de la boucherie Sanzot. Elle la dépoussière… enfin. Bientôt, à l’école de la République, nos enfants étudieront toute la poésie méconnue qui se cache derrière cette très singulière écriture. Et d’ailleurs, pouvons-nous encore oser parler d’écriture tant la chanteuse transcende le genre ?

Je vois que tu galères à passer la step, step
Tu kiffes mes Timiniks
Na lingui yo, j’suis piqué
Son boule rend tebê, bébé
Si t’es pas un vrai lossa, reste loin
Je demande des comptes, tu racontes ta salsa
Je sais que ça fait mal quand tu m’vois whiner
Là c’est Naza ce soir, qui tient les manettes
J’veux pas de loves, j’veux que des lovés
Fratélo, besoin d’innover
Sur la vie de ma mère, dis-leur wallah que c’est claqué
J’avais cramé que le gars mentait
tu m’enjaille
ca c’est pas les krikata krikata
J’suis en compor compor
Moi j’m’en bats les reins, j’ai besoin d’un vrai djo
J’suis enlovée mais en retrait
J’aime quand ça, quand ça, quand ça bang, bang
J’reste là posée détér’
Solo pompelup déter, c’est moi qu’on vient chercher fait chier
J’veux moula moula moula moula moula moula moula moula
En Catchana baby tu dead ça
J’entends des bails atroces sur moi
lls sont malades ils ont tous boluttés
La vida loca gola a fumé les invités
Ça me fait rigoler la mala les a cuit
J’suis pompelup et j’veux des loves, j’veux des loves
C’est faya, faya, faut un bail (faut un bail)
Si chez toi, ça bicrave de la bonne moula

Pour les durs de la feuille et autre réactionnaire, les sous-titres vous permettront de comprendre toute la force des paroles d’Aya Nakamura.

10 replies on “ Aya Nakamura, l’arme de destruction massive de la République française ”
    1. @Nicolas

      Je savais que ça allait te faire plaisir. C’était pour te remettre de ton KDB. Retrouver les idées claires, le sens de nos valeurs de gôche.

  1. Un billet entier rien que pour elle : vous lui faites bien de l’honneur, à cette poupée gonflante et gonflée ! Poupée que je n’ai jamais entendu, et je compte fermement persister dans cette ignorance, avec ou sans sous-titres. D’autant qu’elle n’a rigoureusement aucune importance : dans deux ans, si son nom à chanter dehors vient sur le tapis, tout le monde se demandera de qui il peut bien s’agir. « Ça passera comme le café », comme disait Mme de Sévigné.

    1. @Didier

      Un Français ne devrait pas parler comme ça de cette grande artiste mondialement reconnue et qui fait la gloire de notre pays par sa culture et un peu par son torse fort galbés. J’y mets un S.

  2. C’est qui, celle là ?
    Apparemment elle n’est que la tête de pont d’une sorte de « malbouffe » de ce que certains appellent de la chanson.
    Le genre de bruit que je fuis comme la peste

  3. Nicolas, ne vous inquiétez pas, je ne le remercie pas non plus ! Et dites-vous bien qu’au moins vous, vous n’étiez pas coincée dans le salon avec cette horreur !!! Et au fait, bonne fête.

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