Bordeaux : vertige et miroir aux alouettes

Je reviens d’un merveilleux séjour professionnel passé à Bordeaux, où je donnais une formation à des techniciens d’une grande entreprise sur Linux. Mes précédents séjours chez Alain Juppé ne m’avaient pas laissé une trace indélébile, au point où les Bordelais arrivaient dans mon top 3 des gens les plus antipathiques de France et de Navarre, juste derrière Brive-la-Gaillarde.

Mirage

Mardi et mercredi, j’ai pris le temps de découvrir une ville  pleine de contrastes. J’ai d’abord eu la sensation que la rive droite de la Garonne, ce fleuve saturé de boues en tous genres, d’une laideur exquise, avait été particulièrement délaissée au profit d’une rive gauche parfaitement ripolinée. De grands arbres permettent aujourd’hui de la cacher, aux yeux de touristes sensibles à l’architecture néo-coloniale qui sied si bien au bourgmestre de la ville. Bordeaux a toujours cherché à se préserver de ses gueux. Et pourtant, en déambulant dans les rues perpendiculaires aux quais de la rive gauche, c’est l’odeur de pisse – des hommes et des chiens – qui a vite pris le dessus sur l’image d’artères marchandes proprettes, où s’agglutinent les badauds. Bordeaux est un mirage !

Naufrage

Reste que j’y ai trouvé de la gare Saint-Jean en passant par Saint-Michel, la porte du Palais, la place du Parlement et de la Bourse, Quinconce et le pont Jacques Chaban-Delmas une étonnante mixité sociale, où jeunes universitaires, bobos et migrants tiennent les devants de la scène. De cette ville, je n’en voudrais pour rien au monde, tant la vie urbaine m’apparaît insignifiante. Les sourires chez ces gens pressés à ne rien faire y sont rares, signe d’une tristesse qui finirait par nous emporter, si nous étions amenés à vivre dans cet enfer urbain saturé de vélos, de trottinettes, de skates et de voitures refoulés au périmètre de la rocade.

Mardi soir, sur les quais de la rive gauche, j’ai failli me faire renverser par un gamin en vélo, passablement délaissé par des parents qui faisaient les beaux sur les quais de la rive gauche, dans l’espoir de parfaire un bronzage rendu possible par le réchauffement climatique . J’ai dû mon salut à l’exécution d’une sorte pas de tango improbable. M’obliger à danser le tango à mon âge…

Mardi et mercredi, j’ai fait quelques photos de cette ville de Bordeaux, où la vie n’est aujourd’hui plus possible pour la majorité des gens qui s’agglutinent dans sa grande périphérie dortoir, allant de Bègles à Mérignac. Au hasard de mes pérégrinations, j’ai vu que le verre de vin était proposé à 7 euros. J’ai eu le vertige. Bordeaux est un naufrage !

Bordeaux : vertige et miroir aux alouettes ?

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