Braire ou se taire ?

Braire ou se taire ?

Vous pouvez vous douter que la perspective de l’arrivée du Rassemblement National au pouvoir ne m’enthousiasme pas particulièrement. Hier, 217000 partisans du Nouveau Front Populaire ont défilé partout en France pour se mobiliser face à l’éventuelle accession du RN au pouvoir à l’issue du 2e tour des élections législatives, le 7 juillet. Pour rappel, ils étaient 1.3 millions le 1er mai 2002 à protester contre la présence de Jean-Marie Le Pen au 2e tour de la Présidentielle face à Jacques Chirac.

Hier matin, à la permanence de Mairie, j’ai un jeune de 28 ans qui est venu s’inscrire pour voter les 30 juin et 7 juillet. Ils sont six dans ce cas au niveau de ma petite commune de près de 400 électeurs. Hélas, Macron a choisi de geler les inscriptions. Cette décision pour le moins curieuse fait actuellement l’objet d’un recours de LFI auprès du Conseil constitutionnel, sachant que les jeunes prenant 18 ans d’ici le 30 juin seront inscrits d’office et pourront aller voter. Je doute que les toutous de la rue de Montpensier donnent raison aux Insoumis, bien seuls à s’ériger contre une rupture manifeste d’égalité entre les citoyens.

La dynamique en faveur de la gauche risque d’être de courte durée. Les dissensions sont d’ores et déjà apparues au grand jour. Le fait d’aller braire dans les rues risque de donner de solides arguments au RN sur les risques de chienlit, si la gauche arrivait au pouvoir. Il faudra attendre le programme économique du RN pour savoir qui du p’tit Gaby ou de la gauche en pleine surenchère électorale emportera les accessits – ou plus si affinité – à l’Assemblée Nationale. Les projections faites par les sondagiers montrent pour l’instant une France totalement ingouvernable. D’ici là, que décideront les Français ?

Si mes camarades du Nouveau Front Populaire dans l’Eure me sollicitent pour m’exprimer à un de leurs meetings, je tâcherai de me rendre disponible, bien évidemment pour y parler, par exemple, des racines du vote RN dans nos communes rurales. En revanche, si c’est pour y faire la claque, ce sera sans moi.

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