Ces grands visionnaires

Ces grands visionnaires

Je voudrais adresser à tous ces employeurs qui ont refusé la mise en œuvre du télétravail toutes mes sincères condoléances. Je salue ces grands visionnaires obligés dans la précipitation de le mettre en place dès lundi. Je sais, ça fait mal d’être regardé-es de manière goguenarde par des salariés qui, du coup, en appellent au droit et aux modifications de leur contrat de travail. Mesdames, Messieurs les directeurs, les chefs de service, vous êtes des abrutis patentés !

L’idée centrale de cette bêtise – qui est la vôtre – est de croire que les salariés vont vous rouler dans la farine, que vous ne pourriez pas les contrôler. C’est évidemment tout le contraire : les salariés sont souvent bien plus productifs quand ils sont chez eux . Et vous n’êtes pas sur leur dos à leur cracher vos postillons chargés de tous ces connards-virus que vous avez accumulés tout au long de votre existence. Ahhh, cette bonne verticalité hiérarchique qui vous a propulsé à diriger des sociétés dans un monde que vous ne comprenez même plus, que vous subissez aujourd’hui ! Internet est arrivé en France à l’automne 1996. Et 25 ans plus tard, alors que l’ADSL et la fibre ont fait exploser les débits, vous n’avez rien vu venir, telle Sœur Anne. Vous mériteriez d’être viré-es pour incompétence, inadaptation sociale. Macron qui entend désormais dépenser sans compter devrait exiger que l’assurance santé vous paie à rester chez vous, à ne rien faire tant vous êtes toxique-s pour notre société ! Et pourquoi pas envisager que vous soyez reconnus handicapés du ciboulot à vie, vous qui avez cette capacité de transformer vos entreprises en hôpitaux psychiatriques ? Pour autant, sachons rester humains, que diable.

2 replies on “ Ces grands visionnaires ”
  1. Ne rejetez pas toute la faute sur les patrons. Quand j’ai voulu télétravailler, au début des années 2010, mon rédacteur en chef – qui, lui, n’avait rien contre –, m’a expliqué que la direction (de Lagardère, donc) n’était “pas trop pour”, mais c’était surtout les syndicats qui étaient debout sur les freins. Raison officielle : protéger les salariés « isolés » d’une surexploitation patronale. Raison réelle mais strictement officieuse (reconnue auprès de moi) : les syndicats avaient déjà le plus grand mal à éviter la débandade de leurs maigres troupes, si les gens se mettaient à bosser chacun chez soi, ils seraient rapidement foutus.

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