CNews, le muppet show des papys fachos

CNews, le muppet show des papys fachos

La panique s’est-elle à ce point emparée de nos élites que la technostructure – le Conseil d’État en l’occurrence –  mandatée par le pouvoir politique cherche désormais à faire taire les oppositions par tous les moyens ? A 1 an du renouvellement des autorisations de fréquences, les papys fachos de CNews ont le feu au cul. RSF et Christophe Deloire ont, par recours auprès du Conseil d’État, obtenu que la chaîne de notre bon maître des ondes, Vincent Bolloré, respecte ses obligations pluralistes.

Il est vrai qu’en matière de pluralisme, CNews ballotée par des flots de parole issus de la droite légitimiste, orléaniste et bonapartiste fleure bon le retour à l’ordre et à l’autorité du temps du Général, du SAC et de l’OAS. Je dois vous avouer me délecter, de temps à autre, à écouter ces vieux cons nous déblatérer leur mélancolie d’une société qui n’existe que dans leurs esprits malingres. Quand je regarde le muppet show des Praud, Golnadel, Jacquier, je me rappelle ces mots de Barbara Stiegler sur l’impératif catégorique à nous nourrir de la pensée de nos opposants.

L’injonction faite à l’Arcom par le Conseil d’État d’agir contre les manquements de CNews à ses obligations en matière de pluralisme répond à la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986  et aussi à l’article 2 bis de la loi du 29 juillet 1881, modifiée par l’article 1 de la loi 2016-1524 du 14 novembre 2016. En lisant en diagonale ce texte de loi datant de 1881, vous pourrez constater qu’il n’a plus rien à voir avec sa version initiale et qu’il est en grande partie inadapté à notre réalité. Se référer à ce texte et à ces principes datant du XIXe siècle est d’une imbécilité crasse. Article 1 : « L’imprimerie et la librairie sont libres« . Oui, d’accord et en quoi cet article concerne-t-il les conditions de la diffusion radio-télévisée et les podcasts des émissions mises à disposition sur Internet ?

J’ai avant-hier soir entendu Pascal Praud dans son muppet show parler de rupture provoquée par CNews du fait de choix éditoriaux thématiques aux antipodes des poncifs des autres chaînes d’information continue. Hélas pour l’ancien chroniqueur de foot, ses vomissures quotidiennes et celles de la chaîne Bolloré sur l’insécurité et les questions migratoires, les écolos et LFI, le PAF public aux mains de sales gauchistes, son pro-nucléarisme atavique, etc font que tous ces pseudo-journaleux se confinent eux-mêmes à un exercice quotidien proche du comique de répétition et de la caricature.

Alors, oui, le groupe Bolloré est coupable d’une absence crasse d’expression pluraliste. Mais faisons en sorte que ces éditorialistes militants puissent continuer à nous amuser, en leur garantissant un droit imprescriptible à raconter toutes leurs conneries, issues souvent d’une grande érudition.

 

5 replies on “ CNews, le muppet show des papys fachos ”
  1. Attention au retour de bâton. Tous ces chroniqueurs et journalistes dans leur satisfaction béate d’appartenance à la tribu progressiste et qui ricanent au sujet de Cnews ne se posent même pas la question de la pluralité des opinions sur leur propres médias. Une écoute de France Inter radio publique payée et au service de tous les Français est édifiante à ce sujet. Je venais apporter un peu de pluralité au sein des nombreux commentaires consensuels de votre blog. Quand on peut rendre service…

  2. Si je suis parfaitement d’accord sur le fond et l’esprit de vos propos, je ne comprends pas le passage sur « l’injonction faite à l’Arcom par le Conseil d’État ». Dans cette affaire, le Conseil d’État ne fait heureusement pas référence à la loi de 1881 (qui concerne la presse écrite) mais à celle du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication et qui concerne l’audiovisuel. Enfin, le Conseil d’État ne lance aucune injonction mais au contraire indique clairement qu’il ne « se prononce pas sur le respect par CNews des exigences de pluralisme et d’indépendance de l’information » pour la simple raison que l’Arcom ne l’a pas évaluée correctement au regard de la loi susmentionnée. Le Conseil a également écarté certaines critiques formulées par RSF…

    1. @Cyrille

      Le Conseil d’État a bien raison de se référer sur la forme à un texte relatif à l’audiovisuel. Datant de 1986, il est antérieur à l’arrivée d’Internet en 1996. Je reste donc très sceptique sur la légitimité juridique de la décision.

      Je n’ai pas lu la même chose. Je vais relire tout ça avec attention.

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