Élodie, tu as tort, même si je te comprends.

Chère Élodie,

 

Oui, Élodie, cette crise sanitaire que nous subissons nous pourrit la vie. Elle pourrit nos rapports sociaux depuis près d’un an et demi. Elle brise nos amitiés. Nous devenons dingues. En tant que maire, elle m’a permis de prendre conscience de la faiblesse du lien social et de la rétractation de notre société. Nous nous enfermons sur nous-mêmes. J’ai vu cette belle initiative Pour une échelle humaine à laquelle tu es associée. J’ai beaucoup aimé dans ton propos ce mot que beaucoup de gens semblent avoir oublié : l’altruisme. Pour autant, il faudra autre chose que des mots pour fédérer. Il faudra aussi sortir des champs politiques traditionnels auxquels plus personne ne croit encore. Quand la gauche oublie de faire la politique pour laquelle elle a été élue, le niveau de confiance des électeurs se traduit au mieux par un vote Macron. C’est ce que j’ai fait en 2017. Game over.

Mais, revenons un instant sur ton coup de gueule quant à ton ras-le-bol de cette crise du coronavirus qui a envahi tous les réseaux sociaux et l’espace médiatique, du fait d’un Président en mal de réélection qui n’a pas grand chose comme bilan à présenter. Sa seule stratégie est de nous mettre au pas, dans le cadre d’une agenda et d’un ordre sanitaire qui ne dit pas son nom. Depuis un an et demi, nous sommes gouvernés à coup d’état d’urgence, de décrets, de conseils de défense d’où rien ne fuite, de passe-sanitaire et de vaccination obligatoire désormais. Alors, trop, c’est trop, en effet. Et je ne comprends plus mes camarades de gauche quand ils se mettent à dénigrer et à décrédibiliser des scientifiques de renom, en donnant corps à cette construction imaginaire d’un virus devenu le seul danger menaçant nos sociétés. Il nous faut dénoncer avec véhémence cette instrumentalisation de la peur. Alors, oui, nous sommes face à d’autres défis : le réchauffement climatique, la transition énergétique qui devrait tous nous mobiliser, la biodiversité, notre alimentation, la qualité de l’air et de l’eau  et… notre santé. J’y reviens.

Je suis tombé au gré de mes pérégrinations et de ma procrastination sur cet article évoquant le financement des activités politiques de Jérôme Cahuzac par Pfizer en 1993. La gangrène s’est insinuée partout dans la société et aussi dans nos élites pantouflantes dont le seul moteur est le court-termisme et le pognon, y compris dans le parti politique auquel nous avons appartenu tous les deux. Si je comprends ton ras-le-bol, j’aimerais aussi t’entendre sur l’éthique, notamment chez tous ces gens qui, à gauche, un jour, ont vu de la lumière pour briller en société, loin des maraudes auxquelles tu t’astreins avec force et courage. J’aimerais t’entendre dénoncer la gestion de cette crise qui menace notre République, notre souveraineté. Penche-toi deux minutes sur le cas de la société nantaise Valneva que le gouvernement français a refusé d’accompagner pour la production d’un vaccin à virus inactivé. A quel titre ? Aidée par le gouvernement britannique, elle va produire son vaccin en Écosse.

J’entends depuis quelques temps cette petite musique instillée par nos gouvernants : « Et si nous passions à autre chose ? » Beaucoup de mes amis me le susurrent à mi-mots. Ils ont tort. Ce que nous vivons est d’une gravité sans nom et la situation exige que nous nous mobilisions de toutes nos forces lors des manifestations contre ce pass sanitaire et cette mise en œuvre de fait de la vaccination obligatoire par un vaccin dont nous ne connaissons rien des effets à moyen et long terme. Pfizer a engrangé 19 milliards de bénéfice en 2020. La société américaine devrait renforcer son trésor de guerre avec 31 milliards supplémentaires en 2021. Ils ont réussi à vendre leur vaccin, comme BMW et Mercedes savent le faire avec leurs bagnoles, en cherchant à éliminer leurs concurrents avec la complaisance des autorités politiques et sanitaires. Appelons cela de l’intelligence économique. Est-ce cela, Élodie, le monde que nous voulons ? Un monde pourri, corrompu, infatué aux intérêts économiques des puissants qui distribuent leur vérité dans les médias et dans les cerveaux de citoyens en perte de sens, recroquevillés sur eux-mêmes ?

Bisous,

Denis.

6 replies on “ Élodie, tu as tort, même si je te comprends. ”
  1. « TU » considères que j’ai tort. Nuance.
    D’autres PENSENT que j’ai raison. Nuance.
    Tu écris :
    « j’aimerais aussi t’entendre sur l’éthique, notamment chez tous ces gens qui, à gauche, un jour, ont vu de la lumière pour briller en société, loin des maraudes auxquelles tu t’astreins avec force et courage. J’aimerais t’entendre dénoncer la gestion de cette crise qui menace notre République, notre souveraineté. »
    Tu n’a pas dû le lire assez depuis que mon blog existe.
    Tu n’as pas dû me lire assez sur Twitter ou sur Facebook pour constater que je tape comme une sourde sur toutes celles et tous ceux qui manquent d’éthique ou qui n’en ont pas une once.
    Tu dis que tu salues l’initiative Pour Une Échelle Humaine, je t’en remercie.
    Si tu l’as lue, tu auras donc lu que tout ce que tu dénonces dans ton dernier paragraphe, je m’y associe pleinement.
    Pour le reste, je tape sur la gestion / non-gestion de la crise sanitaire par le Gouvernement, sans discontinuer depuis plus de 18 mois.
    Et enfin, j’ai fait le choix de fuir les conversations centrées autour du vaccin, de la vaccination et de tout le champ lexical qui les accompagne.
    La question n’est pas de savoir si j’ai tort ou raison. La question, c’est que j’en ai besoin à l’instant T.
    Bisous aussi

  2. Comme tu l’auras remarqué, je tâche de ne pas parler à ta place. Je voulais te faire une réponse à ton billet autrement que par un commentaire trop long.

    NB Nous en aurions tous besoin, moi le 1er. ;+)

    1. Ah mais, en effet, tu ne parles pas à ma place. Ce n’est pas ce que J’ai dit.
      Ce que je dis c’est que tu regrettes de ne pas me voir dénoncer telle ou telle chose alors que je le fais depuis des mois, voire des années.
      Et je te reprends sur ton affirmation qui dis que J’ai tort.
      Rien de plus.
      Rien de moins.

      1. Je pense que tu as tort, même si tu as besoin d’une nouvelle respiration, comme nous tous.

        Il y a hélas un piège tendu par Macron dans lequel sont tombés tous ces opposants qui, finalement, ont fait le choix de le suivre benoîtement. Ce que j’ai voulu te dire, c’est que le « Passons à autre chose maintenant » est la résultante d’une construction politique et d’un agenda. Et le piège s’est refermé. Il a un coup d’avance, désormais.

          1. Et dire « je pense que tu as tort » (ton commentaire), ça n’est pas la même chose que de dire « tu as tort » (ton titre).
            Les mots ont un sens.

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