Les entreprises, les collectivités  et les manifestations dans l'angle mort du tri sélectif

Entreprises, collectivités et manifestations dans l’angle mort du tri sélectif

C’est grâce au confinement, en juin 2020, que je me suis intéressé de très près au tri sélectif au niveau des différents usagers des bâtiments publics de la commune. Que cela a été compliqué et ça l’est toujours ! Les femmes de service continuent d’en faire qu’à leur tête et, à chaque changement d’animateurs dans le centre de loisirs, nous avons droit à des plastiques dans les déchets ménagers.

J’ai désormais équipé tous les bâtiments en poubelles verte, jaune et bleue, achetées chez GIFI. Pour autant, à chaque manifestation comme à l’occasion de la soirée de la dernière fête communale de mon village où je n’étais pas présent, chassez le naturel et il revient au galop. « On ne va faire le tri. Ni le Maire, ni le 1er adjoint ne sont là. » J’ai indiqué au directeur du SDOMODE qu’il serait urgent de penser à des bacs de collecte du verre (chapeau couleur verre d’eau) et des papiers, cartons, cartonnettes (chapeau de couleur bleue) pour nos manifestations. Pas de réponse. Pour l’instant, le syndicat n’a pas la compétence de collecte des déchets ménagers. Avec la mise en place de la TEOMi Taxe d’Enlèvement d’Ordures Ménagères incitative au 1er janvier 2024, les collectivités vont devoir payer pour les déchets qu’elles produisent. Il nous faudra donc être vertueux.

Lors de la dernière réunion intercommunale, le vice-Président en charge de la compétence Déchets ménagers était fier de nous expliquer que la collecte des recyclables s’établissait à 1500 tonnes. Un bond en avant spectaculaire, a-t-il claironné avec raison ! Pour autant, les collectivités ne trient toujours pas correctement leurs déchets. Elles sont dans l’angle mort de l’action publique qu’elles sont sensées conduire et qui ne vise aujourd’hui qu’à contraindre durement les particuliers. Pour les communes et les intercommunalités, nous sommes dans un improbable et éternel remake de l’arroseur arrosé.

Côté entreprise, ce n’est guère mieux ! Je travaillais dans une entreprise rouennaise où vous n’avez dans les salles qu’une simple poubelle pour collecter vos déchets. Pas de poubelle jaune, alors que l’essentiel des déchets collectés sont du plastique et des emballages. Ma 2e adjointe m’expliquait la complication de sa fille à exiger des salariés de sa crêperie qu’ils fassent le tri. Et, comme elle a un mal de chien à recruter du personnel, elle préfère passer l’éponge pour ne pas fâcher.

A toutes fins utiles, je tiens à vous rappeler le cadre dans lequel nous sommes. La TGAP ou Taxe Générale sur les Activités Polluantes concernant l’enfouissement de nos déchets va passer de 18 euros en 2020 à 65 euros en 2025. Pour l’incinération, elle passera de 12 à 25 euros sur la même période. Le fait de brûler les déchets est sans doute la pire des imbécilités, alors que nous pourrions envisager, à l’avenir, de recycler des déchets que nous ne savons pas réutiliser aujourd’hui. Au vu des tonnes de déchets produits en milieu urbain où le tri est encore plus mal fait, nous n’avons pas les surfaces nécessaires pour enfouir ces monceaux de détritus en tout genre. L’incinération reste hélas une nécessité !

5 replies on “ Entreprises, collectivités et manifestations dans l’angle mort du tri sélectif ”
  1. L’incinération est une nécessité ; ca doit être pour ca que les éleveurs de mon coin de pays brulent leurs enrubannages (gros film de plastique) derrière leurs stabulations plutôt que de les porter au recyclage.

  2. Le recyclage par les entreprises et les collectivités me semble essentiel notamment pour donner l’exemple : il n’y a rien de plus chiant que de faire du recylage chez soi quand il n’est pas fait ailleurs… Depuis qu’ils ont changé le système, à Loudéac, ce qui date du « placement » de ma mère à la maison de retraite et donc du fait que je gère un peu le quotidien, dans sa maison, vu mon télétravail, j’ai eu des dizaines de fois des envies de faire des billets à ce sujet. D’une part, il me semble qu’on faisait mieux avant (je ne veux pas jouer à l’ancêtre mais les bouteilles étaient consignées alors qu’il faut maintenant les apporter dans des machins spéciaux. Ou alors les journaux et papiers faisaient l’objet d’une collecte à part). Un élément est très mal géré alors qu’il concerne une part importante de la population : le traitement des déchets dans les immeubles en milieu urbain. Je passe le fait que je n’ai pas la place à mettre plusieurs poubelles chez moi mais on ne peut pas toujours gérer correctement les exceptions (les trucs qui ne vont pas dans la poubelle normale ou dans le recyclage), comme le verre et, surtout, les déchets verts et les encombrants : on n’a pas de voiture pour les apporter quelque part…
    Billet intéressant qui me permet de me lâcher en commentaires.

    1. Tu poses les bonnes questions sur nos habitats, sur les consignes.

      Notre consommation effrénée va très vite devenir incompatible avec l’économie de pénurie dans laquelle nous allons nous enfoncer. Nous ne sommes, je crois, qu’aux balbutiements du recyclage. La vraie question est sur qui faire pression : les entreprises (l’offre) ou bien les consommateurs (la demande) ?

      1. J’avais commencé à faire un billet de blog, après t’avoir lu, mais je ne trouvais pas le ton « léger » que j’essaie d’avoir habituellement.
        A ta question (sur qui faire pression), j’ajouterai les collectivités territoriales, non pas qu’ils ne l’aient pas (tu es mieux placé que moi pour le savoir) mais celle que je connais mettent en place des systèmes pour que ça coûte moins cher tout en respectant les textes en vigueur mais ce n’est pas spécialement adapté à toutes les situations. Deux exemples : 1. A Bicêtre, la communication municipale est adaptée aux zones pavillonnaires et pas aux appartements (je me fous des jours de ramassage…). 2. A Loudéac, on a pour instruction de sortir les poubelles de lundi soir mais, notamment pour les jaunes (une semaine sur deux), les éboueurs n’ont pas une heure précise de passage (parfois à 5h pour les noires et à 21h pour les jaunes). Du coup, on ne les prend plus au sérieux.
        Dans la continuité, à propos de la pression, ils ne passent que toutes les semaines (une par couleur), du coup, ma poubelle jaune est généralement pleine à craquer au bout de deux semaines (alors que la noire peut durer plusieurs mois si je n’y mets rien qui pue). Tu me diras que je pourrais pendre une poubelle plus grande (mais je suis célibataire, c’est la communauté de commune qui m’a fourni celle que j’ai, la plus petite) et ces ânes parlent périodiquement de mettre une facturation au poids ce qui crée une espèce de panique tant il est facile de mettre ses ordures dans la poubelle des autres, ce dont on ne se prive pas (on habite une impasse, tout le monde se connait et ça se passe en bonne intelligence, par exemple mes voisins prennent mes poubelles quand je ne suis pas à Loudéac et, pour la noire, ils la renversent dans la leur).
        Je vais quand même répondre à ta question : il faut mettre la pression sur les deux mais commencer par les industriels… Si je remplis ma jaune en moins de deux semaines, c’est clairement parce qu’il y a trop d’emballages…

        1. Alors, normalement, le système de TEOMi se fera au nombre de levées. Les poubelles devront être pucées et disposeront d’un système de verrouillage.

          Au niveau de ma commune, nous donnons des sacs jaunes plastique transparents. L’idéal, comme nous le faisons, est de recalibrer les containers jaunes en fonction des usages, en passant sur du 240 litres, par exemple.

          Je partage entièrement ta conclusion. Mais je crains qu’au nom de la compétitivité, nous décidions d’aller sur ce sujet à la vitesse de l’escargot.

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