Excessif ?

Excessif ?

La dernière fois qu’une personne a utilisé le mot « excessif » à mon endroit, c’était mon oncle André, avec bienveillance et un « sacré Denis » en guise de conclusion à nos discussions. L’adjectif ne se prête pourtant pas à louer un comportement vertueux.

Il est toujours amusant de se voir affubler de ce sobriquet par une femme ou un homme manquant totalement de nuances à qui nous pourrions bêtement, par facilité, retourner le compliment. Ce n’était pas le cas de mon oncle.

L’excès se définit par rapport à une norme, une sorte de poids moyen. Laquelle ? Lequel ? Les propos d’un trotskiste prônant la dictature du prolétariat  ou d’un agriculteur de la FNSEA demandant à polluer sans entrave sont-ils excessifs ? Pas sûr. Mon arrêté municipal instituant une ZNT de 2 mètres le long de la chaussée revêtue franche de nitrates et de pesticides était-il excessif ? Symbolique, à tout casser.

Dans la bouche de ceux qui l’emploient, ce qualificatif désigne en fait une personne, une idée, un comportement anormal, inadapté, atypique, inapproprié, emporté. Son emploi s’accompagne très souvent d’une moraline dégoulinante, vous savez, cette haine des bien-pensants à l’encontre de ceux qui n’agissent, ni ne pensent comme eux.

L’excès s’opposerait à la nuance. Le fait d’avoir la nuque raide sur la question de l’intérêt général et des communs peut-il suffire à vous définir comme un être sans nuance, face à un mouvement profond de privatisation des espaces publics ? Intransigeant, en revanche, sans aucun doute.

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