Fuck la loi contre les fake-news

« Brigitte, mon petit… Je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier… l’homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à te le dire : ton Emmanuel commence à me les briser menu ! »

Cette réplique librement adapté des dialogues des Tontons flingueurs est à l’image de l’état d’esprit qui anime aujourd’hui, une grande partie d’entre nous. Le 4 janvier 2018, Emmanuel Macron a annoncé, devant un pare-terre d’écarisseurs de l’information, réunis pour l’occasion à l’Elysée, qu’il s’apprêtait à légiférer contre les fake-news.

Des gobiches, que des gobiches

Il a raison, notre Président. Nous sommes des cons, prêts à tout croire. Notre niveau de culture générale tend dangereusement à se fondre avec celui des travailleuses des abattoirs bretons. Pire que celui des électeurs de Donald Trump. Nous n’avons pas eu cette chance d’avoir servi le café à Paul Ricoeur. Notons au passage que ni Le Monde, ni Libération – ces nouveaux larbins de Google et de Facebook – ne se sont d’ailleurs donné la peine d’enquêter sur la véracité des propos de l’ancien ministre de l’économie de François Hollande sur l’illettrisme supposé des Bretonnes de l’agro-alimentaire. Même en France, nous sommes entrés dans l’ère de la post-vérité.

Reconstruire un ennemi imaginaire

Le plus intéressant dans la nouvelle entreprise de notre Grand Financier en chef, qui peine encore à incarner Dieu ou l’idée de Nation, c’est sa capacité à nous raconter de belles histoires. Les Russes et Russia Today  – que le CSA vient pourtant d’autoriser à émettre – serait le nouveau danger pour la démocratie française. L‘illibéral Poutine, accusé sans preuve d’avoir influencé les élections américaines, aurait même cherché à faire choir l’ascension du candidat des Marcheurs en crabe. Là-encore, ces affirmations, sans qu’elles aient pu être confrontées à la réalité des faits par les Décodeurs du Monde et les curistes en désintox de Libération, ne sont pas sans nous rappeler que la meilleure façon de rassembler est encore d’inventer un ennemi imaginaire !

De cet ennemi imaginaire, et la presse et le pouvoir qui mène une politique très favorable aux puissances de l’argent et à notre ennemi à tous, la finance, en ont un grand besoin. 10 milliardaires détiennent à eux seuls 90% des journaux français, soutenus à bout de bras par les subsides de l’Etat français et des GAFAM. Ces journaux n’obtiennent la confiance que de 44% des Français. Nos vrais ennemis n’ont, quant à eux, rien d’imaginaire !

Et puis, il y a la réalité !

La réalité, c’est avant tout notre cadre législatif. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse prévoit une amende de 45.000 euros pour «la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler». L’article L97 du code électoral révisé  par ordonnance du 19 septembre 2000 est également très clair : « Ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter, seront punis d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros« .

Epilogue

Heureusement, pour nous informer, il nous reste encore quelques journaux indépendants comme Médiapart, le Canard Enchaîné, Marianne, Le Monde Diplomatique. Pour combien de temps encore ?

Sources d’inspiration éternelles

 

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