A gauche, une simple querelle d'egos ?

A gauche, une simple querelle d’egos ?

Je ne crois pas que le problème de la gauche soit lié à l’ego surdimensionné de candidats putatifs à la Présidentielle de 2022. La plupart des représentants des partis dits de gauche sont davantage les victimes d’une panne générale des idées et, pour la gauche de gouvernement, d’une incapacité de se différencier de l’UMP et de Macron. Qu’auraient-ils fait, nos socialos, de très différent si nous étions gouvernés par Cazeneuve ?

S’il y a une chose à retenir de la Présidence Hollande, c’est l’adoption du mariage pour tous, souhaité y compris par une grande partie de la droite et le centre droit, du Modem à LR en passant par l’UDI. Il n’y avait pas là de quoi se battre le poitrail en arborant son brevet de gauchitude. Sur le rôle de l’État, la gestion des hôpitaux, de la police, de l’armée et de l’éducation, la loi Notre ont en fait la même finalité que celle affichée par la droite sarkozyste : réduire le nombre de fonctionnaires, là où l’essentiel de la dépense est captée par des entreprises privées et leur pratique de prix prohibitifs qui saignent les comptes publics. Sous la présidence Hollande, la prise en compte des carrières longues relève, quant à elle, d’une vraie logique de gauche, contrairement à la loi Travail qui aura initié un virage vers une flexisécurité à la française avec de la flexibilité sans sécurité.

Le problème principal de Jadot, Bayou, Hamon, Brossat, Faure, Cazeneuve et les autres, c’est que ces gens ne sont rien. Ils ont le charisme d’une huître attendant patiemment sur un rocher. Que peuvent-ils connaître à la réalité économique, eux qui n’y ont jamais été véritablement confrontés ? Du coup, leur vision n’est fondée que sur des représentations étriquées du monde réel. Quand j’étais au PS de 2005 à 2008, ses dirigeants, à chaque élection majeure, en étaient réduits à sous-traiter les programmes et les projets à des Think-tanks à l’image de Terra Nova ou de la fondation Jean Jaurès, au diagnostic et au discours proche du blairisme et du social-libéralisme allemand de Schröder.

C’est sur l’Europe que, du PRG au PCF en passant par EELV, la vision est affligeante. Si l’euro, la BCE et le marché européen sont une réalité, l’Europe reste un nain politique avec une monnaie et des normes au service des pays du Nord et plus particulièrement de l’Allemagne. Avec une monnaie forte qui nous permet d’acheter à bas prix, l’Europe a contribué à tuer activement notre industrie. C’est plus facile d’acheter et de revendre que de fabriquer. Sur l’Europe encore, j’avais été particulièrement choqué en 2009 du discours de Cohn-Bendit sur la nécessaire intégration de la Turquie dans l’Europe, alors que je battais campagne pour Europe Ecologie. Ce jour-là, nous étions bouche bée à l’entendre raconter n’importe quoi, en décalage total avec la vision que tous les citoyens européens avaient de la réalité du régime turc d’Erdogan.

Le monde que nous allons connaître dans les années qui viennent va être marqué par la pénurie de ressources et le réchauffement climatique, le vieillissement de nos populations et peut-être d’autres pandémies qui décimeront nos vieux confinés. Nous allons devoir vivre différemment, réapprendre la solidarité et l’altérité si nous ne voulons pas être engloutis par l’individualisme et le consumérisme. Nous devrons apprendre à faire mieux avec beaucoup moins, en produisant plus près de chez nous, dans la sobriété énergétique. Le maintien de la France, pays de culture, des droits de l’homme et de la femme, de l’universalisme est sans doute à ce prix, si nous ne voulons pas être réduit à un petit moment de l’histoire, en quelque sorte.

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