Gégé a tué Gérard.

Gégé a tué Gérard.

Ce n’est plus Gérard Depardieu qui s’adapte à ces personnages. Ce sont désormais les personnages qui s’adaptent à Gérard Depardieu. Quelle tristesse, quand on l’a connu en Cyrano, de le voir pataud, d’entendre une voix nasillarde et pâteuse, cherchant vainement à incarner le Maigret de Simenon ! Même le manteau du commissaire est bien trop grand pour l’acteur français.

Le physique de Gégé l’empêche de nous jouer du Gérard. La graisse chez lui s’est muée en botox, faisant de son visage un tableau de Géricault. Et chez moi, ce n’est pas un compliment. Il ne marche plus. Il se traîne, son énormité le contraignant la plupart du temps à rester assis dans ses films. Rien, dans le dernier opus de Patrice Leconte, n’a trouvé grâce à mes yeux : le jeu des acteurs qui semblaient réciter leur texte ; les lumières mal choisies ou plutôt l’absence de lumière tout court. Qu’ont été faire Jade Labeste et  Mélanie Bernier dans cette galère cinématographique, dans laquelle elles se sont faites passer pour de sinistres actrices de séries B ?

Je reste et resterai un fan inconditionnel de l’immense acteur français et j’ai de la tristesse à le voir à la peine. Ma rupture avec Gégé date de 2016, avec le film La Dream Team de Thomas Sorriaux. Et puis, il y a eu Bonne pomme, ce nanar à l’envergure exceptionnelle, rarement égalé. Je ne voudrais pas que tous ces navets parviennent à faire disparaître de notre mémoire les films 1900 de Bertolucci, Sous le soleil de Satan de Pialat ou encore Cyrano de Bergerac de Rappeneau. La meilleure façon de nous revenir, Gérard, serait peut-être d’arrêter.

4 replies on “ Gégé a tué Gérard. ”
  1. Surtout arrêter de beugler qu’il paie trop d’impôts alors qu’il doit son succès à une industrie honteusement et fortement subventionnée.

    1. Qu’il paie trop d’impôts, sans aucun doute possible. Nous payons tous beaucoup trop d’impôts.

      Quant à cette singularité française, ne vaut-elle pas d’être subventionnée ?

        1. Pierre Niney, sans aucun doute. Pour le reste, j’en conviens, c’est éminemment contestable. C’est peut-être là le prix de notre exception culturelle, toujours préférable aux blockbusters américains insignifiants qui sont au cinéma ce que McDo est à l’art culinaire.

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