Gilets jaunes en mode crescendo

Personne – ou presque – n’a vu venir le mouvement des gilets jaunes, à part Christophe Guilluy et Emmanuel Todd peut-être. Je regardais, hier soir, les images diffusées sur France 5. J’écoutais Castaner parler d’un problème de communication, de factieux et de séditieux. Ce type n’est pas à sa place, comme la plupart de ses collègues du gouvernement. Hulot et Collomb ont quitté le navire pour laisser place à des gens parfaitement incompétents, dénués de tout sens politique.

Ce qui m’a le plus surpris au cours de la journée d’hier, en dehors de la violence des manifestants parisiens, c’est ce qui s’est passé au Puy-en-Velay. Quand les gilets jaunes ont enfoncé les grilles de la préfecture, il n’y avait là aucun militant de l’ultra-droite. J’y ai même vu une Madame Michu, hagarde, qui n’en revenait pas de se retrouver propulser dans la cour de ladite préfecture. Plutôt que de les recevoir et de discuter, le Préfet aura préféré envoyer les CRS gazer les manifestants. Quelques heures plus tard, la préfecture était en feu. Une attitude empreinte d’une grande perspicacité.

A Brest et à Lorient, les gilets jaunes se sont mis à bloquer les dépôts de carburants. Toujours à Brest, une cinquantaine de manifestants ont « enfoncé » les portes de la Mairie. Le Maire est le représentant de L’État dans nos territoires. C’est la personnalité politique la plus appréciée des Français. Bref, le mouvement est en train de tourner en eau de boudin. Il se structure, tout autant qu’il se radicalise. Et les convergences sont en train de se réaliser.

L’entêtement stérile du Président et de son 1er ministre sur le report de la taxe carbone va engendrer une crise politique sans précédent dans notre pays. Éditocrates, députés et soutiens du pouvoir sont entrés en mode panique à juste raison. Hier, sur les plateaux de télévision, ils transpiraient tous à grosses gouttes. Et, malgré les vicissitudes engendrées par les blocages, l’opinion est globalement derrière les gilets jaunes, parmi lesquels se côtoient travailleurs pauvres, chômeurs et retraités. Grâce à TF1, ils ont désormais du temps de cerveau disponible.

La palme du sens politique revient à Édouard Philippe, notre 1er ministre, qui a dit niet à un coup de pousse au SMIC. Muriel Pénicaud a dû rétropédaler pour annoncer dès le lendemain que la hausse  serait significative. J’attends avec impatience la prochaine allocution d’Emmanuel Macron qui devrait nous expliquer – après nous avoir annoncé la création d’un énième comité Théodule – qu’il est hors de question de changer de cap. Il va finir par vraiment nous les énerver nos gilets jaunes ! Et nous, avec.

 

1 reply on “ Gilets jaunes en mode crescendo ”
  1. Il faut ajouter que M. Edouard Philippe a annoncé une nouvelle hausse des carburants pour janvier 2019.

    Je me répète mais une des erreurs majeures est qu’on n’a pas suffisamment pris en considération la majorité Française constituée des abstentionnistes, bulletins blancs et bulletins nuls qui expriment que la classe politique n’est plus : reconnue? considérée?

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