L'intuition de Gérard était déjà notre réalité il y a près de 30 ans.

L’intuition de Gérard et notre réalité depuis 30 ans

C’était le 3 octobre 2018. Gérard Collomb quittait alors la place Beauvau. Et, dans son discours d’adieu, il disait ses quelques mots aux côtés du 1er ministre, Édouard Philippe :

«Monsieur le Premier ministre, si j’ai un message à faire passer – je suis allé dans tous ces quartiers, des quartiers nord de Marseille, au Mirail à Toulouse, à ceux de la couronne parisienne Corbeil, Aulnay, Sevran – c’est que la situation est très dégradée et le terme de reconquête républicaine prend là tout son sens parce qu’aujourd’hui dans ces quartiers c’est la loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants et des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République. Il faut à nouveau assurer la sécurité dans ces quartiers mais je crois qu’il faut fondamentalement les changer, quand des quartiers se ghettoïsent, se paupérisent, il ne peut y avoir que des difficultés et donc (…) il faut une vision d’ensemble car on vit côte à côte et je le dis, moi je crains que demain on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses».

« On est chez nous »

Si je suis arrivé à Saint-Eloi-de-Fourques, cette bourgade paisible d’un peu moins de 600 habitants aujourd’hui, c’est avant tout parce que je cherchais à fuir la ville, les incivilités, les kékés, les trafics de stupéfiants, l’odeur et le bruit. C’était en 1994, il y a près de de 30 ans. La majorité des habitants des petites communes périphériques aux villes et centres-bourgs, à l’image de Crépol, ont fait ce choix pour pouvoir vivre en paix, dans un climat de respect et de sérénité. Dans la pyramide de Maslow, le besoin sécurité arrive juste après l’ensemble des besoins physiologiques. Aux dernières élections, les habitants de la circonscription où je vis ont élu une député Rassemblement National.

Faire un parallèle, en renvoyant dos à dos l’agression au couteau de Mourad et la mort de Thomas provoqué par un certain Chaïd, est le symptôme d’une méconnaissance profonde de la réalité de notre pays. C’est également une erreur politique. Pour la plupart d’entre eux, les médias de radio-télévision, la presse écrite, les procureurs de la République aux ordres, le gouvernement cherchent à minimiser ces actes de racisme anti-blancs. De fait, notre pays est entré en situation de sécession territoriale. Dans mon village, il ne reste plus qu’une seule personne de couleur. Il y a encore deux personnes d’origine maghrébine de 2e ou 3e génération. Croyez-vous qu’il s’agisse là d’un hasard pur ?

Quelle politique migratoire ?

Quand j’entends, sur les plateaux de la radio-télévision Bolloré, tous ces gugusses de droite extrême nous expliquer que les Français attendent un choc d’autorité, je les trouve très loin encore de la réalité. Le choc d’autorité, nos habitants n’en veulent surtout pas pour eux-mêmes. Il suffit de voir chez certains le peu de respect qu’ils ont envers les institutrices, parfois envers les élus pour comprendre qu’ils veulent un choc d’autorité pour les « autres ». La récession qui s’annonce, et nous en ressentons les 1ers frimas, va exacerber les tensions. L’effondrement du pouvoir d’achat va amener les électeurs des classes moyennes à chercher une réponse, comme dans d’autres pays, chez ceux qui ont fait le « bon » diagnostic il y a près de 40 ans. Schengen, l’Union Européenne empêchent les États de disposer de leur souveraineté sur les questions régaliennes. L’exemple danois est très intéressant. Pour préserver l’État-providence, la 1ère ministre, même si elle a dû reculer sur certains points, a décidé de conduire une politique plus restrictive en matière d’immigration.

Si, pour ma part, je ne suis pas d’accord avec le durcissement de l’AME, je crois qu’il faut suspendre de toute urgence le regroupement familial et renvoyer tous les délinquants étrangers dans leurs pays d’origine à la moindre petite infraction, qu’ils aient obtenu ou non le droit d’asile. Même si je suis attaché au droit du sol, nous ne pourrons pas nous affranchir d’une réflexion et de décisions rapides quant à l’obtention de la nationalité française. Il est temps de donner des signaux forts à une population sentant s’instituer un « deux poids deux mesures », à l’origine de ce face-face évoqué en 2018 par Gérard Collomb. Paix à son âme.

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