La corvée, le stress, l'épuisement

La corvée, le stress, l’épuisement

Dans la vie d’un maire, le mois d’avril n’est pas des plus plaisants. Cette année, les 1ers jours de cette 1ère quinzaine ont été  tout particulièrement pénibles. Vendredi dernier, je reçois un mail de la perception m’indiquant une non concordance comptable majeure due à une opération de cession. Un peu agacé de voir que le travail demandé depuis février n’avait pas été fait, j’ai évité de me mettre la rate au court bouillon. Je n’en dirais pas plus à ce sujet : les mots risquent de dépasser ma pensée.

Lundi matin, je téléphone donc à la perception et nous trouvons un terrain d’entente avec mon correspondant pour solder le budget annexe, alors que les opérations comptables n’ont pas été passées. Concernant le budget principal, je suis contraint de passer un mandat et un titre pour que nos données soient enfin raccord. Le pointage a demandé beaucoup de temps. Et mardi matin, je reçois le compte de gestion de la perception et il concorde en tout point avec le compte administratif de la commune. Grand moment de soulagement ! La réunion de Conseil municipal a lieu ce soir. Et, en cette fin de matinée, il me reste à faire un budget de près de 800 000 auquel il faut enlever 150 000 euros de transfert entre les sections de fonctionnement et d’investissement, soit un montant de 650 000 euros pour une commune de près de 600 habitants.

L’ordonnancement de la construction d’un budget répond à une mécanique élémentaire. Après avoir récupéré les montants des dotations fournies par la préfecture de l’Eure, le FCTVA et les amortissements gentiment calculés par la perception, vous devez tout d’abord saisir vos recettes et les reports de l’exercice antérieur. Lors  du précédent Conseil municipal, nous avions défini un plan de travaux et d’investissements pour un montant de 220 000 euros. Du haut de nos 360 000 euros d’excédent, nous avons décidé d’accélérer la cadence. Côté dépenses, le calcul des salaires et des cotisations pour l’année 2024 comprend de nombreuses incertitudes, dues à un effectif salarié vieillissant. Nous devrons sans doute rectifier le budget à la marge, au cours de l’année, par l’établissement de décisions modificatives. J’en ai d’ailleurs averti les conseillers municipaux. Une fois l’ensemble des dépenses fixées, il ne reste plus que deux opérations  à réaliser : le transfert de la section de fonctionnement vers l’investissement et l’affectation du solde à un compte dit de « réserve » au fonctionnement pour équilibrer complètement le budget. Mardi à 18 h 00, au terme de 2 journées de labeur intense, j’avais donc tout fini pour la réunion de Conseil convoquée le soir-même pour 20 h 30.

Une fois le Conseil terminé, le travail n’était pas complètement achevé. Il nous restait encore à faire les délibérations, les arrêtés de signature et à passer les flux vers la Préfecture. En consultant les documents transmis au cours des années précédentes, je me suis rendu compte que nous avions commis un immense charabia. J’ai dû, avec la nouvelle secrétaire, refaire les délibérations ex nihilo. Du coup, nous y avons passé toute la journée. Hier soir, j’étais rincé et je me suis invité au goûter du club des sans souci pour y boire une bière et manger deux parts de gâteaux. J’ai embrassé Evelyne, la Présidente, en la remerciant pour ce moment de convivialité dont j’avais vraiment grand besoin. Aujourd’hui, il nous restera à envoyer à la perception budget, comptes administratifs et pages de signature.

La plupart de mes collègues maires de petites communes rurales n’ont pas les compétences requises pour élaborer eux-mêmes leur budget. D’autres considèrent que ce n’est pas leur travail. Mon oncle André qui fut adjoint au Maire me disait à juste titre qu’un édile devait savoir faire son budget. Ce matin, je pense tout à particulièrement à lui et au goût qu’il m’a transmis pour la chose publique.

2 replies on “ La corvée, le stress, l’épuisement ”
    1. Et 190000 euros de dette ! 720000 quand je suis arrivé aux affaires en 2014, avec un rapport de la Cour des comptes sur le dos et un plan d’économies drastiques à tenir sur 2014. Pendant 4 années, j’ai serré la gestion, en abaissant le niveau de dépenses. Nous risquions alors la mise sous tutelle. La seule augmentation de taux date de 2014 : elle était de 10%. Mais nos taux sont parmi les plus bas de la strate.

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