Le calvaire

Le calvaire

Lorsque nous nous sommes séparés, Isabelle et moi , en 2013, notre procédure de divorce par consentement mutuel aura pris très exactement 3 mois. A l’époque, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, la loi nous permettait de disposer d’un avocat commun. Pour accélérer la procédure, j’avais décidé de verser la moitié de l’argent de mes comptes bancaires en guise de prestation compensatoire. Nous n’avions, tous les deux, qu’une hâte : tourner la page et passer à l’histoire suivante. Le petit mois passé à vivre sous le même toit nous fut particulièrement pénible, sans que rien ne revienne mettre en cause notre décision commune.

Depuis le changement de la loi qui oblige à nouveau à disposer de deux avocats, il n’est pas rare que la procédure demande 5 années, avant que la séparation soit officiellement prononcée. Pour les avocats, le divorce est un business. C’est un calvaire pour les familles, pour les enfants pris dans une tourmente qu’ils subissent parfois très violemment. Un divorce vous met à plat sur le plan financier et il faut de nombreuses années pour sortir la tête de l’eau. Vous devez racheter les biens d’équipement. Sans contrat de mariage, la plupart des couples sont contraints de vendre leurs biens immobilier, de déménager, ce qui constitue en soi une double peine.

Dans notre pays, la divortialité a dépassé les 50% depuis 2009. Pour faire simple, plus d’un mariage sur deux se conclut en France par un divorce. Notre société a profondément changé, s’est individualisé au point où nous supportons de moins en moins l’altérité dans le quotidien. Nous ne vivons plus à l’endroit où nous sommes nés. Nos activités professionnelles nous contraignent à nous déplacer, à rencontrer de nombreuses personnes qui sont autant de partenaires putatifs. Le confinement dans un village comme mon village de Saint-Eloi-de-Fourques aura entraîné au moins 3 séparations en quelques mois à peine. Certains se sont peut-être rendus compte qu’ils vivaient avec un autre qu’ils connaissaient à peine et avec lequel ils n’avaient en fait pas grand chose à partager en dehors de cette « matérialité », cette vie faite de petits détails.

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