Le Gaullisme, cet anachronisme du XXIe siècle

Le Gaullisme, cet anachronisme du XXIe siècle

Charles de Gaulle avait une certaine idée de la France, la sienne. De là, certains esprits malingres en ont déduit que le gaullisme était une idéologie. Aujourd’hui, tout le monde se dit gaulliste : Onfray, Debray, Dupont-Aignan, Ciotti et tant d’autres. Il y aurait un gaullisme de gauche, un gaullisme de droite. De Gaulle était tout, sauf un homme de gauche : un libéral sur le plan économique et un conservateur sur le plan sociétal à la fois.

A lire et à entendre tous ces hommes qui se disent gaullistes, j’ai parfois la sensation qu’il confonde gaullisme et souverainisme. S’il se dit gaulliste, Régis Debray a surtout la nostalgie de l’état-nation et de cet anti-américanisme qui animait le Grand Charles. Quant à Onfray, je ne sais plus où il habite. Le sait-il lui-même ?

Ces trente années pas très glorieuses

S’il incarne, avec Pompidou, cette période de fort développement économique, Charles de Gaulle a dirigé la France avec une main de fer. 1958 : le Général arrive au pouvoir à la faveur d’un coup d’état. Peu social, il supprime la retraite du combattant le 30 décembre 1958.  Vingt-cinq membres français du F.L.N. seront guillotinés de 1958 à 1961 pour activités criminelles. Il laissera le soin à Maurice Papon, préfet de police de Paris et artisan de la rafle du Vél d’Hiv, de réprimer dans un bain de sang les manifestations des 17 octobre 1961 et 8 février 1962. A ce jour, les ossements de Mehdi Ben Barka, disparu le 29 octobre 1965 à Fontenay-le-Vicomte, n’ont toujours pas été retrouvés.

Le SAC – Service d’Action Civique – est enregistré le 4 janvier 1960 à la préfecture de Paris. Le Général pourra compter sur les exactions de cette officine barbouzarde à l’encontre des étudiants et des syndicalistes en mai 1968. Avec Jacques Foccart, il instituera un système de corruption généralisée des élites des pays africains francophones appelé Françafrique ! En grand démocrate, avec son ministre de l’époque, Alain Peyrefitte, il n’aura de cesse de cadenasser et censurer l’audiovisuel public. Il créera l’ORTF par une loi du 27 juin 1964, l’année de ma naissance.

La grandeur de la France, une obsession

De 1960 à 1966, notre Général en chef fera péter 17 bombes nucléaires dans le Sahara, au mépris des populations algériennes. Puis, il cherchera un endroit de rêve pour l’explosion de ses bombinettes : les atolls de Moruroa et Fangataufa. Là-encore, au mépris des populations autochtones. La grandeur de la France valait bien ça. L’idée du Concorde, c’est lui. Un fiasco. Le Redoutable, 1er sous-marin nucléaire, c’est encore lui. Youpi.

Avec Edgar Pisani, ministre de l’Agriculture du 24 août 1961 au 8 janvier 1966, nos campagnes connaîtront désormais les printemps silencieux, ravagées par les pesticides. Il fallait nourrir la France, paraît-il. De Gaulle aura fait le choix d’une agriculture qui empoisonne l’air, la terre et l’eau. Nous payons encore aujourd’hui les lourdes conséquences de ces choix sur notre santé.

Un légitimiste dans l’âme

De Gaulle était contre le droit à l’avortement. Malgré la loi Neuwirth du 19 décembre 1967 autorisant la contraception, les femmes contraintes d’avorter ont continué à être traînées devant les tribunaux. Il faudra attendre le manifeste des 343 du 5 avril 1971 pour que les lignes bougent enfin dans cette société française rabougrie par plus de 10 ans de conservatisme de la pire espèce. Les femmes devront attendre le 1er février 1966 pour leur émancipation bancaire. Il ne touchera pas non plus à cette loi du 6 août 1942, instaurée sous Vichy et Pétain, pénalisant l’homosexualité. Charles, ce grand homme… d’une autre époque révolue.

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