Le retour des commissaires politiques et de la police de la pensée

Le retour des commissaires politiques et de la police de la pensée

A force d’être vomis dans les pas  de la gauche de droite par les papys fachos éditorialistes de CNews/Europe 1 et par les journaleux de l’ultra-centre totalitaire de BFMTV/RMC et de LCI, les Insoumis ont demandé la création d’une commission d’enquête relative à l’utilisation des fréquences de la TNT. Cela fait suite à l’avis du Conseil d’État saisi par RSF, demandant désormais à l’ARCOM de comptabiliser le temps d’antenne des éditorialistes du PAF selon leur sensibilité politique. Le 29 février 2024, les commissaires ont donc procéder à l’audition des dirigeants et des journalistes de la chaîne du groupe Bolloré. Auparavant, les députés avaient passé à la questionnette BFMTV et le groupe TF1. C8 et CStar du groupe Canal+ fut auditionné dans la foulée.

Une 1ère remarque sur les temps. Si CNews a eu droit de se faire cuisiner près de 3 heures, BFMTV et C8 ont été charcutés respectivement durant un peu moins de deux heures,  le groupe TF1  un peu plus de 2 heures. Les commissaires ont reproché à CNews de ne pas faire suffisamment d’international et d’être une chaîne d’opinion, alors que LCI mobilise son temps d’antenne à l’Ukraine en réclamant à cor et à cri la guerre totale contre la Russie, au travers de ses éditorialistes Nicolas Tenzer et Guillaume Ancel sous la houlette de Darius Rochebin. Je ne sais pas au juste qui, de CNews ou de LCI, s’essuie les pieds sur le pluralisme.

Nous avons assisté cette semaine à un autre grand moment de télévision au cours duquel, Apolline de Malherbe s’en est pris violemment à Dominique de Villepin, que la chaîne avait déjà catalogué dans le clan des antisémites, suspecté ouvertement par la journaliste de développer un point de vue pro-palestinien, sous l’influence de ses clients proche-orientaux. Bref, il est difficile aujourd’hui, sur toutes ces chaînes, d’exprimer un point de vue différent de la pensée dominante de cet ultra-centre fascisant, allié de circonstance à l’extrême-droite quand il s’agit de taper sur la gauche politique de ce pays.

Je suis très inquiet de l’émergence de cette police de la pensée qui s’institue dans les chaînes d’information continue et sur Twitter devenu X sous la pression du commissaire Thierry Breton. Je suis également soucieux de la grande ambiguïté du contenu de l’article 4 de la loi sur les dérives sectaires, après l’emploi massif d’un produit expérimental en population générale adoubé par des médecins perclus de liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. Je vous en livre le contenu  :

« Art. 223‑1-2. – Est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende la provocation à abandonner ou à s’abstenir de suivre un traitement médical thérapeutique ou prophylactique, lorsque cet abandon ou cette abstention est présenté comme bénéfique pour la santé des personnes visées alors qu’il est, en l’état des connaissances médicales, manifestement susceptible d’entraîner pour elles, compte tenu de la pathologie dont elles sont atteintes, des conséquences graves pour leur santé physique ou psychique.

Est punie des mêmes peines la provocation à adopter des pratiques présentées comme ayant une finalité thérapeutique ou prophylactique pour les personnes visées alors qu’il est manifeste, en l’état des connaissances médicales, que ces pratiques les exposent à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.

Lorsque la provocation prévue aux deux premiers alinéas a été suivie d’effet, les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et à 45 000 euros d’amende.

Lorsque ces délits sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables»

Conférence de la journaliste Ariane Lavrilleux à Sciences Po Grenoble

Faut-il enfin parler du télescopage entre le secret des affaires ou le secret défense d’une part, le secret des sources des journalistes et le statut de lanceur d’alertes d’autre part ? La France est de plus en plus mal placée pour donner des leçons de démocratie, de liberté d’expression et de pluralisme au reste du monde, quand le ministre de l’Intérieur parle d’écoterrorisme pour qualifier des écologistes ou ordonne de réprimer à coup de LBD en éborgnant et en émasculant les manifestants. Comme dirait Jacquouille, ça puire !

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