Le système scolaire français produit 12% d'illettrés.

Le système scolaire français produit 12% d’illettrés.

Je discutais hier soir avec un copain sur le taux d’illettrisme en collège REP. Soucieux de ne pas compromettre ses sources, il m’a demandé de ne pas divulguer les chiffres vertigineux d’un de ces établissements. Le pauvre, il est hélas très au dessous de la sinistre réalité.

J’ai donc cherché sur Internet et j’ai trouvé les données de 2019 sur l’état de l’école. Parler de l’état de délabrement de notre système scolaire serait d’ailleurs beaucoup plus juste. Ces données sont sans appel. 11.8% des enfants d’une classe d’âge seront parfaitement illettrés. Le souci est qu’il faut ajouter à ce 1er nombre les 10.8% de lecteurs médiocres, dont certains, selon leur métier et leur exposition à l’écrit, finiront illettrés également.

Pour revenir au collège, 49% des gamins qui en sortent sans aucun diplôme sont illettrés ! Et 14.1% sont des lecteurs médiocres et finiront par gonfler les bataillons de tous ces infortunés de la lecture. Avec un taux de 13.7%, l’Eure se situe très au-dessus de la moyenne nationale. Alors, un conseil, même si vous êtes un bobo au grand cœur, évitez d’envoyer vos enfants en zones REP : ils n’y apprendront strictement plus rien.

Remarquez que ces statistiques ne portent pas sur l’écriture. Ce doit être encore bien pire !

 

9 replies on “ Le système scolaire français produit 12% d’illettrés. ”
  1. Je partage depuis très longtemps ce point de vue, bien que pouvant être initialement classé dans la catégorie des médiocres, lors de ma période d’enseignement primaire, allant de 1957 à 1965, d’où je sortie fin prêt à servir de main d’oeuvre sous payée aux usines locales, car sans même le précieux « certif » tant convoité dans le milieux ouvrier, dont j’étais issu. Doté d’une certaine capacité d’ouverture naturelle d’esprit, je laissais néanmoins libre cours à ma curiosité en devenant rapidement autodidacte, professeur de karaté, éducateur sportif (BEES 1er degré), Bac pro Secrétariat/ Bureautique, titulaire d’une licence de droit social par VAE et finalement auteur romancier autodidacte. Je pense donc bien comprendre votre problème. Claude CARRON http://www.inlibroveritas.net/oeuvres/30211/sale-temps-pour-les-faisans#pf2d

    1. @Didier

      Je ne connaissais pas encore ce sieur Claude Caron. Je ne pense pas que cet espace du haut de ses 450 visiteurs quotidiens lui fournisse la publicité tant attendue.

  2. Effectivement, ils n’y apprennent rien : mon fils aîné, qui était premier de sa classe en collège REP, se retrouva bon dernier de sa classe en intégrant un lycée privé un peu élitiste en classe de Seconde ! il y reprit goût aux études et mit néanmoins quelques années à rejoindre la tête de sa classe en terminale. Inutile de dire que sa fratrie fut directement inscrite au collège privé correspondant, ce qui lui épargna une telle mésaventure.

  3. Je conteste votre diagnostic. Je suis instituteur depuis 30ans. La presque totalité des élèves en difficultés dans mes classes sont noirs ou Arabes, ou bien ont des parents divorcés ou bien ont des prénoms hors calendrier et influencés par-là sous culture américaine du genre Dylan, Morgan, Kévin. Cela montre que le problème vient peu de l’école et beaucoup de la culture familiale.

    1. @Brindamour

      J’en ai resté à la partition suivante. Aux parents, l’éducation. A l’école, l’enseignement des savoirs fondamentaux.

      Je vais donc synthétiser votre pensée : aux parents, l’éducation et l’enseignement. Et, à l’école, le reste. J’ai bien compris ?

      1. Non, vous n’avez pas compris. Moi, j’en ai resté au fait que des élèves perturbés ou déstabilisés par leurs situations familiales (absence du père, télé débile à gogo, rejet des valeurs de la république) vont avoir de bien plus grandes difficultés et que les méthodes pédagogiques ont peu à voir avec cela.

        1. @Brindamour

          Il est évident que les conditions de vie et d’éducation déterminent la capacité à apprendre. Il faudrait aussi qu’on évoque l’environnement affectif de l’enfant.

  4. Mon épouse étant institutrice depuis 35 ans dans une école où règne une grande mixité sociale, qui va des enfants défavorisés des catégories que vous avez listées aux enfants des CSP supérieures. Mes 3 enfants sont passés par cette école et j’ai représenté la municipalité au conseil d’école. J’ai donc collecté pas mal d’informations sur les faiblesses de l’école de la République.

    Force est de constater qu’il y a aussi des enseignants mis en difficulté par 1) un recrutement qui sélectionne plus sur un niveau universitaire que sur les capacités humaines à comprendre les besoins psychologiques des enfants, par 2) un manque de formation pédagogique, par 3) l’accumulation des tâches administratives comme celles qui sous-tendent l’évaluation périodique et centralisée des enfants (sur 180 items différents en grande section) , comme la recherche de budgets, les demandes d’autorisations diverses, les formations obligatoires inutiles (dans la mesure où l’on connait le sujet aussi bien que l’intervenant), etc. sur fond de digitalisation, qui en fait un parcours du combattant (plantages des serveurs informatiques surmenés, utilisateurs mal formés, mots de passe non reçus pour les webinaires, etc.).
    En résumé le management des ressources humaines de l’EN est mauvais et le carcan administratif devient un harnois s’alourdissant d’année en année, au détriment du temps consacré aux élèves qui ont besoin de compléments pédagogiques personnalisés. Exemples réels : autiste, dyspraxique, dyslexique, étranger ne parlant pas un mot de la langue française et scolarisé pour la première fois à 8 ans, 1 autre enfant lourdement handicapé mental attendant une place en classe spécialisée (classes qu’on tend à supprimer …).
    La gestion des urgences sanitaires au quotidien (diabète profond, allergies graves, etc.) complique la tâche quand on n’a une ATSEM qu’à mi-temps parce qu’on a quelques CP en plus de sa classe de maternelle pour soulager le collègue de l’élémentaire … Il faut aussi du temps pour gérer les signalements de maltraitance éventuelle ou les harcèlements, pour aider les enseignants stagiaires ou les collègues débutants et j’en oublie. Mon épouse s’en sort parce qu’elle travaille 50 à 60 heures par semaine et à mi-temps pendant ses vacances, heureusement que c’est une vocation car tout le monde n’est pas capable de renoncer aux loisirs ou aux vacances quand on a un métier aussi exigeant.

    La misère sociale et le handicap ne sont pas nouveaux mais évoluent. Le management de l’école publique n’est pas à la hauteur des difficultés croissantes (hors Covid 19, où des sommets furent atteints l’an passé), notamment le mode de recrutement et le salaire des enseignants débutants, qui ne permettent plus d’attirer les meilleures compétences et de les affecter au bon endroit sur le territoire.

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