Les écueils du monde associatif

Les écueils du monde associatif

J’ai longtemps été investi dans le monde associatif et je continue à l’être. De cette expérience commencée à l’âge de 16 ans, j’ai pu analyser les raisons du déclin de certaines associations que je côtoie aujourd’hui en tant qu’élu local.

Sans bénévole, une association ne peut exister dans la durée. La professionnalisation systématique des intervenants induit l’émergence de coûts fixes de plus en plus élevés du fait d’une technostructure amphigourique. Elle finit par éloigner les usagers de l’association, qui n’ont plus leur mot à dire dans son fonctionnement ou qui paient de plus en plus cher l’adhésion ou les prestations.

Un autre facteur qui plombe le monde associatif, c’est la confusion de patrimoine qui amène dirigeants et salariés à utiliser les moyens de l’association à leur propre profit : véhicules, ordinateurs, téléphones mobiles, utilisation des bureaux pour le télétravail, etc. Ce système de détournement des communs pour soi-même finit par induire des coûts auxquels l’association ne pourra plus faire face dans la durée.

Évoquons encore le copinage, la logique de clan et les liens d’intérêts qui peuvent se nouer entre les salariés eux-mêmes et dans le recrutement des intervenants. Pris dans une logique non marchande peu rémunératrice, salariés et intervenants peuvent être tentés de faire valoir des activités marchandes tierces auprès des usagers. L’association est une fois encore instrumentalisée, son objet totalement détourné.

A l’image de ce qui se passe en entreprise, le népotisme, c’est-à-dire l’existence de liens familiaux entre dirigeants et salariés, finit par restreindre les possibilités de développement en bridant l’innovation et en favorisant un entre-soi mortifère. Il en va des organisations comme de la génétique : elles finissent alors par dégénérer.

Subventionnées par les collectivités territoriales, certaines associations font valoir leur présence auprès des populations pour justifier des prestations fantoches. Cette stratégie du « coucou » est antinomique avec l’exigence de production de services, très largement financée à coup de subventions, autrement dit par nos impôts. Les élus doivent avoir l’exigence d’un véritable retour sur investissement, y compris quand il s’agit du secteur non marchand.

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