Les maires ruraux, ces invisibles de la République !

Les maires ruraux, ces invisibles de la République !

Sous mon mandat précédent, à la faveur d’une situation financière catastrophique et de mes engagements à disposer de 3 adjoints, j’avais choisi, au grand dam de mes proches et mes conseillers, de passer mon indemnité – identique à celle de mes adjoints – à 200 euros, alors que je pouvais prendre 900 euros. Sur ce mandat, je viens de passer à 1200 euros, là où l’État m’autorise 1500 euros. Je ne pense voler personne. Et surtout pas le contribuable !

Je suis parti ce matin à 7 h 45 de mon domicile pour aller à la Mairie. J’ai lancé le café, traité le courrier. En attendant Didier, l’employé de la commune, je me suis attelé à valider les nouvelles inscriptions sur les listes électorales à partir du portail de l’INSEE, en vérifiant un à un les justificatifs de domicile. Un peu après 8 h 30, je vois Fabien par la fenêtre pour lui demander une n-ième fois de nous dessiner le blason de la commune. Il s’était engagé à le faire. Cela fait plus de six mois que j’attends. Quelques minutes après avoir terminé le café, alors que je suis encore en train de travailler sur les listes électorales, Stéphane passe me voir pour me relancer sur la réfection du volet roulant défectueux du logement communal. Une habitante m’appelle alors, un peu avant 9 heures, pour me dire qu’elle ne savait pas quoi faire de deux chiens errants, un basset artésien et une sorte de setter, qu’elle a recueillis à son domicile. Deux chiens de chasse.  Sur la route du local technique où j’ai rendez-vous avec l’habitante pour y enfermer les chiens, j’ouvre la médiathèque pour y déposer les 4 caisses que Farida, notre nouvelle médiathécaire, avait demandé la veille. De retour à la Mairie, je prends rendez-vous avec un artisan pour le volet roulant défectueux, les deux précédents n’ayant même pas daigné nous retourner leur proposition commerciale.

Après avoir essayé de joindre le propriétaire des chiens qui avait laissé son numéro de mobile sur les colliers des animaux, j’ai appelé la fédération de chasse pour localiser l’impétrant. Je pars à son domicile, dans une des communes limitrophes à la nôtre. J’en profite pour saluer Yvon et Evelyne qui sortent de leur voiture. Rémy, l’ancien maire de Saint-Denis-des-Monts, passe à vélo et  vient nous faire un petit coucou. J’enfourche mon fier destrier, une Fiat Tipo, pour me rendre chez le propriétaire des chiens. Arrivé devant son domicile, je sonne à la porte de la voisine qui se charge de prévenir la femme du propriétaire. Il m’appelle quelques minutes plus tard pour convenir d’un rendez-vous au local technique près du terrain de sports, vers 11 h 00. Une fois les chiens remis à leur propriétaire, je cherche à joindre Enedis pour une tranchée réalisée à la mi-janvier qui est en train de s’affaisser, route du Mouchel. Un gentil petit Monsieur note le problème. Puis, il me reste à faire un arrêté de circulation pour une société d’élagage qui œuvre route du Mouchel. Je suis à la bourre ! De retour à la Mairie, une dame m’attend à la porte pour faire des cartes de piscine. On papote, pendant que j’agrafe et je tamponne lesdites cartes. Ambre, sa fille, semble avoir une très grande aquacité.

Je rappelle Natacha qui se plaint de ses difficultés à me joindre sur mon mobile. Je lui explique que c’est trop tard pour la subvention ! Il faudra attendre le mois de mai, désormais. J’envoie un SMS à Céline pour l’inscription de Maxime. Une habitante m’amène un justificatif de domicile pour valider son inscription. Je pars remettre en mains propres l’arrêté de circulation aux salariés de la société d’élagage. Il est 13 h 00. Je n’ai pas vu le temps passer.

2 replies on “ Les maires ruraux, ces invisibles de la République ! ”
  1. La première fois où j’avais discuté avec le maire de ma commune (25 000 habitants), je lui avais dit : « ça doit être beaucoup de boulot » et tout ça. Il m’a répondu qu’il avait une chance inouïe d’être dans une grande commune où il pouvait se baser sur du personnel (dont un chef de cabinet, un directeur des services…).
    Par ailleurs, j’ai organisé pendant des années des centres de vacances pour les Eclaireuses Eclaireurs de France et c’était généralement dans des terrains communaux de petites villes (près du stade ou du camping municipal pour bénéficier des toilettes). J’ai pu voir le boulot qu’abattait le maire…

    1. Nous venons de récupérer la médiathèque intercommunale. Le travail est immense. L’enjeu est colossal, y compris sur le plan financier. Nous retouchons 43000 euros de l’Interco par an avec clause de revoyure au bout de 5 ans. Nous devons réussir ! Je dois réussir.

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