Les pleureuses du dimanche

Les pleureuses du dimanche

Le rachat par Bolloré du JDD et la nomination de Geoffroy Lejeune à sa tête ont provoqué un torrent d’indignations dont la gauche a le secret. Le souci me semble ailleurs.

A part Politis, la gauche – pas la gauche de droite du Monde, de l’Obs, des Libé, Charlie & Cie – ne dispose plus d’aucun journal du 7e jour ou de magazine hebdomadaire. Si j’ai un doute sur le fait que l’extrême-droite puisse emporter la guerre culturelle avec le JDD, je n’ai aucun doute sur le fait que la gauche ne peut pas l’emporter sans aucun média. La création du Matin de Paris en 1977 avait été un des éléments de la victoire de la gauche en 1981.

Et donc, que nous reste-il à gauche en terme de presse-papier ? Le quotidien l’Humanité qui se fait le porte-voix de Fabien Roussel, devenu le VRP du camembert, de l’entrecôte, du vin rouge  et du nucléaire ? Avec le magazine Alternatives Economiques et le Monde diplomatique, nous disposons encore de deux valeurs sûres. Pour la presse-papier, c’est à peu près tout et c’est bien peu.

Côté médias en ligne, nous sommes un peu mieux servis avec Reporterre, Basta, Mediapart, Splann, Disclose, Reflets, Blast, Le Media. C’est encore peu, face à la fusion idéologique néo-libérale du centre gauche et du centre droit dans notre pays que j’ai qualifiée d’ultracentre totalitaire, totalisant et fascisant.

Compte tenu de la moyenne d’âge du lectorat de la presse-papier en général supérieure à 65 ans, le souci pour la gauche de ne pas disposer de porte-voix puissant se situe dans la surabondance des idées néo-libérales et d’extrême-droite  au niveau des réseaux sociaux. Il suffit de laisser fonctionner les algorithmes de Twitter pour s’en rendre compte. Et, à l’insu de notre plein gré, nous passons notre temps à relayer cette pensée dominante par les liens que nous faisons vers ces médias à haute dangerosité idéologique.

2 replies on “ Les pleureuses du dimanche ”
  1. Il y a des journaux indépendants qui méritent leurs pesant d’or : « La décroissance » à Lyon (foncièrement anti-nucléaire, mais il a d’autres qualités) ou « Le postillon » à Grenoble. Probablement d’autres ailleurs en France.

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