Montebourg n'ira pas !

Montebourg n’ira pas !

C’est à la fois un coup dur et aussi un soulagement. Arnaud Montebourg dit attendre l’automne pour prendre sa décision d’y aller ou ne pas y aller aux prochaines élections présidentielles. En fait, il n’ira pas.

Un coup dur, tout d’abord. Arnaud incarne un courant politique souverainiste à gauche dont je suis proche. Sur l’Europe, sur nos institutions, sur la nécessaire protection de nos bijoux de famille industriels, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande a toujours eu un coup d’avance. Et, puis, j’aime le style Montebourg, même si parfois il en fait un peu trop dans la théâtralisation au point de se faire passer pour un guignol aux yeux de tous ceux qui le détestent. Et ils sont nombreux, surtout à l’aile droite du PS qui préférera voter plus à droite que plus à gauche.

C’est aussi un soulagement. Je l’avais vu, il y a quelques années, face à la porte-parole de GreenPeace. J’avais cru, bêtement, qu’il s’était assoupli sur le nucléaire. Et là, comme une andouille, il a eu cette malencontreuse idée de faire tribune commune avec Accoyer et Chevènement pour y défendre la filière nucléaire française. Si je suis d’accord pour continuer à former nos ingénieurs sur cette technologie, c’est avant tout pour être en capacité de la démanteler. Les gouvernements français successifs ont fait le choix du nucléaire, sans mobiliser de moyens sur le renouvelable. L’énergie nucléaire nécessite de l’uranium et les réserves mondiales ne sont pas extensibles à l’infini au rythme effréné où l’Inde et la Chine se lancent à fabriquer des réacteurs supplémentaires. Cette technologie n’a pas d’avenir et les pro-nucléaires nous vendent un miroir aux alouettes ! Je pensais donc que Montebourg allait changer sur ce point. Je me suis trompé.

Et puis, son discours sur l’agriculture est loin d’être clair. Le choix du productivisme fait par Pisani dans les années 60 me semble condamner les agriculteurs à produire de plus en plus et à faible valeur ajoutée, à coup de subventions, pour pouvoir écouler au « tiers-monde » des stocks de produits pourris de pesticides que les Européens ne veulent plus consommer et que les Français boivent et respirent. Je pensais bêtement que d’avoir une fille sur le tard l’aurait amené à changer. Dommage ! La question de l’écologie et du souverainisme me semble être extrêmement complémentaire. L’abandon d’Arnaud laisse désormais le champ libre à la Marine nationale.

6 replies on “ Montebourg n’ira pas ! ”
  1. Voilà, vous venez de faire connaissance avec Montebourg..
    Ca ne va pas vous consoler, mais vous n’êtes pas le premier qu’il a charmé vu de loin..

      1. Très bien… j’ai pu « l’apprécier » pendant quelques années dans les mêmes salles de réunion (il ne s’agissait pas de politique)…
        ça explique aussi ma remarque

  2. Il est vrai qu’avec sa récente sortie : « Fukushima : 0 mort, Tchernobyl : 0 mort… » il ne pouvait que difficilement espérer rassembler les suffrages écolos et semble de surcroît ne pas avoir réussi à modifier sa façon d’être souvent associée à de la suffisance et à de la légèreté.

  3. Il est vrai qu’avec sa récente sortie : « Fukushima : 0 mort, Tchernobyl : 0 mort… » il ne pouvait que difficilement espérer rassembler les suffrages écolos et semble de surcroît ne pas avoir réussi à modifier sa façon d’être souvent associée à de la suffisance et à de la légèreté.

  4. Si tous les autres, y compris celui en poste actuellement, pouvaient également ne pas y aller, ca nous ferait des vacances bien méritées.

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