Parlons de la ressource en eau.

Parlons de la ressource en eau.

Je suis membre de la commission de la protection de la ressource en eau au sein de notre syndicat d’eau, chargé du captage et de la distribution de l’eau potable. Lors de la dernière réunion, la technicienne en chef a essayé en vain de m’expliquer que la présence dans nos nappes des pesticides et des nitrates était cumulative. La justification à ne rien faire ! Dans ce cas, comment expliquer que leur taux fluctue dans l’année, passant pour les nitrates de 30 à 50 mg du printemps à l’hiver ? J’ai horreur d’être pris pour un con. J’avais dû d’ailleurs prendre un arrêté, il y a quelques années, interdisant l’épandage de nitrates et de pesticides sur une bande de 2 mètres le long de la chaussée revêtue. Il fut cassé par le Tribunal administratif de Rouen sous la pression des services de l’État et du lobby puissant des agriculteurs de la FNSEA. L’objectif était notamment de sensibiliser le SERPN – le syndicat d’eau – sur la nécessaire protection des bétoires qui alimentent en eau de ruissellement nos nappes phréatiques. Depuis, aucune action n’a été entreprise sur notre territoire !  La seule chose que savent faire élus locaux et services de l’État dans ce beau département de l’Eure, c’est, plutôt que de s’en prendre à l’origine du problème, de construire aux frais du contribuable des usines de dénitrification comme celle de Sylvains-les-Moulins. Dans ce pays, le pollueur parvient sans aucun mal à faire payer le pollué. L’Anses rappelait récemment le rôle joué par les nitrates dans les cancers des voies digestives. Cela fait plusieurs années que j’ai abandonné l’eau du robinet pour de l’eau en bouteille.

Alors que nous parviendrons toujours à nous approvisionner en gaz et en pétrole, nous finirons par manquer d’eau au rythme où nous la consommons. Qui faut-il incriminer ? Nos agriculteurs et nos industriels ? Je ne le pense pas. Balayons d’abord devant notre porte. Quel intérêt peut-il y avoir au juste à donner un bain quotidien à nos enfants pour qu’ils soient pourris d’eczéma ou bien encore passer 15 minutes sous la douche pour se réveiller ? J’ai appris chez mes arrière-grands-parents à me laver avec 2 litres d’eau. Et c’est largement suffisant. Il faudrait aussi parler de la création de nouvelles piscines chez les particuliers après chaque événement caniculaire. Il suffit de regarder sur Google Maps le territoire de ma petite commune rurale de Saint-Eloi-de-Fourques pour voir à quel point elles se sont répandues au cours des dernières années.

Si nous venons à manquer d’eau au niveau de nos fleuves et nos rivières, nous serons obligés l’été de couper nos réacteurs nucléaires et de recourir au charbon pour faire fonctionner nos climatisations, dont les installations se multiplient comme des petits pains. La bonne idée du gouvernement est aujourd’hui de construire des EPR au bord de la mer, menacés par la montée des eaux. Le réchauffement climatique nous prive d’eau douce. Il menace aujourd’hui les bandes côtières où s’amassent les 80% de la population de l’humanité et les millions d’hectares de terre arable. Nous ne pourrons pas techniquement désaliniser l’eau de mer pour alimenter en eau douce 8 milliards d’habitants. Et les Shadoks pompèrent.

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