Penser la gestion de la crise sanitaire au niveau local

Penser la gestion de la crise sanitaire au niveau local

Jusqu’à présent, l’école Claude Monet de Saint-Eloi-de-Fourques avait été épargnée par le p’tit chinois. Mardi 2 février dernier, j’apprenais à 14 h 33 par la directrice remplaçante de l’école qu’une enfant avait été testée positive. La mère de l’enfant avait informée l’école dès le lundi soir. En fait, ce sont les personnels de cantine que je suis allé voir mardi midi qui m’avait délivré en 1er l’information. Sauf que leurs informations étaient d’une très grande imprécision et pour cause : nous sommes infoutus de tracer la liste des élèves présents à la cantine ! J’ai le 2 février demandé à la directrice des informations complémentaires qu’elle a refusé de me donner, parce que je n’apparaissais pas dans le protocole. J’ose croire qu’elle n’aura pas agi sous les recommandations de l’inspection de Bernay. J’ai ensuite vérifié si la directrice du périscolaire et du centre de loisirs, si les services de transport de l’Intercom  Bernay Terres de Normandie avaient été informés. Ils ne l’ont jamais été !

Face au refus de la directrice (je ne suis que l’humble représentant de l’État sur le territoire de la commune de Saint-Eloi-de-Fourques, élu au suffrage universel), j’ai communiqué une liste incomplète des enfants contacts au centre périscolaire le mardi au soir. Il m’en manquait un. J’ai communiqué la liste définitive à l’Interco, via le responsable des transports, jeudi. Aucun coup de téléphone des services de l’inspection académique de l’Eure et la cellule Covid de la DSDEN. Aucun coup de téléphone de l’ARS. Coup de chance, cette semaine-là, la maman qui a très probablement contaminé sa fille – à moins que ce ne soit l’inverse ??? – était du matin. Sinon, elle aurait pu prendre un goûter à l’espace périscolaire de Bosrobert, démasquée. Nous aurions pu avoir un sérieux trou dans la raquette et une pelletée de cas contacts inconnus au bataillon ou connus 7 jours après que la mère a appris qu’elle était positive. Tester, tracer, isoler. Eh bien, pour le traçage, nous allons devoir revoir notre copie.

La directrice dans son refus de me communiquer ses informations a invoqué en creux mon incompétence sur le sujet. La mise au pas du maire se fait aujourd’hui par une directrice d’école. Bien. Je ne vais pas là, publiquement, retranscrire un échange privé. Du fait de sa jeunesse, elle semble ignorer beaucoup de choses quant à l’organisation de notre République et du contenu de ses textes fondamentaux, comme l’alinéa 2 de l’article 72 de la Constitution du 4 octobre 1958. Je cite : « Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon. »

Face à tant d’incompétence d’inconséquence, tant d’irresponsabilité à ne pas vouloir me communiquer des informations aussi importantes sur le plan sanitaire, j’ai pris un arrêté conservatoire, dès samedi matin, applicable à lundi 8 février 0 h 00 contraignant à me fournir ces informations. Je serais immanquablement amené à les obtenir en cas de nouvelles contaminations. Nous n’avons pas pensé la crise sanitaire à l’échelon local, pensant que des mammouths aussi mal organisés, prétentieux pouvaient correctement prendre en charge cette crise. Nous avons été naïfs. J’ai été naïf. Ce qui compte pour cette directrice comme pour tant d’autres, « ce sont les protocoles… pas la réalité (1) ». Une réalité de territoire qu’elle ne connaît que par le bout de son lorgnon protocolaire étriqué ! Cette semaine, j’organiserai une réunion pour pouvoir penser cette crise à l’échelle de notre territoire, de manière horizontale, en nous éloignant de cette logique de silos mortifère. Je comprends aujourd’hui pourquoi nous en sommes là, à l’approche du 1er anniversaire de cette crise sanitaire. Et nous sommes pas sortis le cul des ronces.

(1) Merci à Werner pour cette synthèse pleine et entière.

1 reply on “ Penser la gestion de la crise sanitaire au niveau local ”
  1. Je remarque depuis quelques temps, des « dysfonctionnements » quant à la diffusion d’informations. (particulièrement au regard de certaines municipalités du département de l’Eure)

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