Question d'imaginaire

Question d’imaginaire

Qui fait que les petites filles rêvent d’acheter des poupées Barbie ? Qui pousse les hommes à vouloir de grosses voitures et de grosses motos ? Qui nous amène à croire que le bonheur serait d’avoir un mari, une femme, des enfants, une grande maison ? Nous-mêmes ? Notre imaginaire ? La société ? Castoriadis parlait de l’institution de la société par notre imaginaire.

Le marketing a toujours fait croire que nous étions des êtres uniques, tout en nous poussant à acheter des véhicules, des montres, des stylos produits à des millions d’exemplaires.  Nos structures mentales, nos représentations sont le produit de l’éducation que nous avons reçue et du monde dans lequel nous vivons. « Citius, Altius, Fortius« , nous disait Henri Didon en 1891.

J’ai donc un peu de mal avec les critiques qui se sont abattues sur la maire écolo de Poitiers, Léonore Moncond’huy. Elle a décidé de couper le robinet des subventions que la ville déverse aux aéroclubs. En tant qu’élu local, je ne vois pas bien l’utilité sociale à subventionner des sports dits mécaniques où vous passez votre temps à tourner en rond sur des circuits ou dans les airs, à envoyer dans l’atmosphère des tonnes d’essence et de kérosène.

J’entendais hier soir sur une chaîne d’information continue des éditorialistes de la pensée unique évoquer à demi-mots ces écofascistes à ne pas laisser les gens faire ce qu’ils veulent ! Il y a tout de même un paradoxe à entendre tous ces braves gens réclamer à jouir sans entrave, tout en exigeant entre autres le confinement, le port du masque et le passeport vaccinal pour tous. Nous sommes en pré-campagne électorale et, dans ce paysage français opposant l’extrême-centre droit à l’extrême droite, la seule alternative qui nous reste est l’écologie politique. Disons que c’est de bonne guerre !

3 replies on “ Question d’imaginaire ”
  1. Merci aux élus comme toi qui osent poser nos vrais problèmes de civilisation et font ainsi oeuvre de salut public à leur niveau !

  2. Quelques éléments complémentaires à propos de cet excellent sujet. Les biocarburants aériens existent; ils restent à ce jour couteux; l’avion électrique (hybride) existe aussi(quid des batteries?). l’hydrogène est également utilisé dans l’aviation.
    La consommation de carburants aéronautiques est de 360 milliards de litres par an. Les clubs aéronautiques poitevins concernés par la suppression de subvention possèdent environ 600 adhérents et une section planeur.
    Un maire peut attribuer des subventions aux associations en les assortissant de conditions. Pour ma part, si j’avais été maire, j’aurais continué à octroyer une subvention  » sous condition d’utiliser dans les « x » années à venir » (en fonction des avancées scientifiques) des carburants « propres ». Cela aurait servi d’exemple dynamisant les autres clubs.

    1. Oui, une subvention conditionnelle a des vertus pédagogiques que n’a pas une suppression abrupte.
      Néanmoins les agrocarburants, qui n’ont pas grand chose de bio, posent encore beaucoup de problèmes écologiques, qui font que même les rapports officiels peinent à les qualifier de durables (au sens de soutenables) :
      https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/cgaaer_15098_cgedd_010298-01_2015_rapport.pdf
      Ce rapport est un peu faible sur le manque de propreté de certains processus mais très intéressant quand même pour lister les difficultés qui vont brider les filières bio-sourcées de l’agrokérosène.
      L’avion électrique hybride existe déjà et me parait mériter une subvention des clubs aéronautiques qui s’en équipent, afin de favoriser la recherche très prometteuse sur les capteurs solaires et les batteries légères.

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