Sacrifier nos jeunes pour sauver nos vieux

Sacrifier nos jeunes pour sauver nos vieux

Il y a eu deux raisons majeures à la surmortalité enregistrée en Europe et aux États-Unis, au cours de cette crise sanitaire liée au COVID-19. La première tient à notre incapacité réelle à gérer des crises sanitaires et à chercher compliqué là où les choses pourraient être beaucoup plus simples. Avec l’hydroxychloroquine et l’azithromycine utilisées dans les autres pays du monde, nous tenions une vraie solution pour soigner les malades de ce pays. Les autorités auront au final décidé d’interdire aux médecins de nos villes et de nos campagnes de prescrire ce traitement, au grand dam de toutes ces familles qui auront vu leurs proches mourir aux portes de la réanimation. Prudentes, elles auront tout de même attendu la fin de l’épidémie pour l’interdire tout court. Le médicament n’est pas assez cher pour tous ces médecins hospitaliers qui vivent des subsides des labos pharmaceutiques.

La 2e tient au vieillissement de nos populations, à l’obésité et au diabète. De ce fait, l’espérance de vie stagne. Aux États-Unis, en quelques années, elle a régressé de plus de 3 ans. Nous mangeons mal. Nous mangeons trop. Et ce n’est pas l’abonnement à Netflix qui va pousser la majorité de la population à se bouger les fesses. Il n’y a guère que dans les grandes villes que nous voyons nos bobos de la mondialisation heureuse s’ébrouer dans les jardins publics.

Le non-choix du confinement nous a été imposé par des autorités dépassées, du fait de l’absence de gels, de masques et de sur-blouses, de visières, de tests, de lits en réanimation. Vous connaissez l’histoire. Il fallait donc protéger les plus fragiles. Il fallait sauver nos vieux, paraît-il. Le président du Conseil scientifique installé pour la circonstance, Jean-François Delfraissy, est un p’tit jeune de 72 ans. Moralité : près de 850000 chômeurs en plus, rien que pour le mois d’avril. Et, à la rentrée, 700000 jeunes vont chercher un emploi : la plupart d’entre eux resteront sur le carreau. D’ici la fin de l’année, les plus optimistes prévoient 1 million de chômeurs en plus.

La politique sacrificielle menée contre notre jeunesse ne date pas d’aujourd’hui. En faisant le choix de l’euro en 2002, l’économie française a détruit l’industrie qui lui restait en favorisant l’import de biens manufacturés venant de Chine et d’ailleurs au profit de productions locales. La monnaie forte européenne permet à nos retraités de maintenir leur pouvoir d’achat, là où les autorités se chargent activement par l’impôt et la loi de raboter le pouvoir d’achat des jeunes travailleurs. Notre système de retraite ne peut pas très longtemps supporter cette équation morbide digne d’une civilisation aztèque en perdition. Moins de cotisations, c’est la disparition assurée de notre système de retraite par répartition. Et il n’est toujours pas question de taxer les robots qui détruisent les emplois ! Les jeunes en manque de pouvoir d’achat devront consacrer une partie non négligeable de leurs revenus à se constituer une retraite, pendant qu’ils verront leurs parents continuer de s’envoyer en l’air pour aller tantôt au Pérou tantôt en Thaïlande. Un bel esprit de solidarité à la française. Vive la France. Vive la République.

4 replies on “ Sacrifier nos jeunes pour sauver nos vieux ”
  1. Bonjour,
    Je suis en général en accord avec les idées exprimées par vos tribunes, mais là le couplet vieux profiteurs (sûrement ex soixante-huitards) versus jeunes sans avenir, outre sont relent plutôt réac, me paraît bien peu opérant : opposer une catégorie à une autre, c’est se refuser par avance à inventorier d’autres solutions.
    D’autant que le tri effectué en amont des salles de réanimation a manifesté des tentations eugénistes bien désagréables : qui n’est plus productif n’est pas loin du rebut.
    A tout prendre, je préfère la charge générationnelle exprimée dans Les vieux fourneaux ! Après le rapport du Club de Rome en 1972 sur les limites de la croissance et le premier choc pétrolier de 1973, il y avait pourtant place pour élaborer un autre type de société, et là je vous rejoins, la trajectoire du PS fut en tout point lamentable.
    Il est toutefois à craindre que seule la succession des crises viendra à bout du néolibéralisme et son culte mortifère du veau d’or

    1. @Décroissant

      Je n’oppose personne. Je constate la réalité d’une société qui a sacrifié toute une génération. Par l’euro d’abord.

      Nous ne sommes plus très loin d’être en gérontocratie, quand vous voyez la moyenne d’âge de nos assemblées territoriales. Ma fille Emma a 6 ans. c’est un sujet sur lequel je suis un peu sensible.

      Et un grand merci pour votre commentaire !

  2. Depuis 2014, l’espérance de vie des françaises baisse (parmi les causes, l’effet tabac et alcool en augmentation) alors qu’elle continue à augmenter chez les français (parmi les causes, l’effet tabac et alcool en diminution) et la moyenne des 2 donne une quasi-stagnation (gain de 2 mois en 5 ans, de mémoire). Ce phénomène fait l’objet d’un déni et les projections d’un nombre croissant de centenaires futurs en vue de réformer le système de retraite sont erronées car les papyboomeurs ne vivront pas plus vieux qu’avant et je m’explique :
    L’espérance mathématique de vie à la naissance a augmenté depuis 1900 sous le double effet de la réduction des mortalités infantile et guerrière et des progrès médicaux constants permettant une survie en plus ou moins mauvaise santé (chirurgie, prothèses, pace-makers, greffes, hormonothérapie, etc …).
    Mais l’espérance de vie à 80 ans  (le nombre d’années qu’il reste à vivre pour ceux qui ont atteint 80 ans) n’a pas changé notablement. La longévité maximale d’une espèce animale est codée génétiquement et il est aussi difficile pour un homme d’atteindre 115 ans que pour une femme d’atteindre 125 ans, quoiqu’en pensent les transhumanistes. Bref, on vit effectivement plus longtemps en moyenne globale mais pas spécialement plus vieux. Le problème est que l’espérance de vie en bonne santé se réduit, ce qui implique plus de dépenses pour survivre vieux malgré la maladie chronique ou le handicap à traiter. Le risque « dépendance » vient des comorbidités, pas du vieillissement !
    La grosse escroquerie scientifique ou intellectuelle consiste  faire croire que les enfants qui naissent aujourd’hui ont encore plus de probabilités que nous de devenir centenaires. En effet, l’espérance de vie mathématique, calculée en fonction de la mortalité actuelle, n’est prédictive qu’à conditions d’environnement constantes, base de ce modèle mathématique. On en est loin car les enfants d’aujourdh’ui sont soumis à des pollutions anté et post-natales qui n’existaient quasiment pas pendant les 50 premières années de vie des centenaires actuels, pour la, plupart nés et élevés à la campagne avant l’usage intensif des pesticides, sans compter le reste du mode de vie (sédentarité, aliments moins denses en micro-nutriments, etc.). Alors oui, on veut des coquelicots pour Emma.
    La politique de réduction des coûts du curatif n’arrivera pas à compenser le coût à croissance exponnentielle de la maladie. Donc il devient urgent d’avoir une vraie politique préventive, c’est à dire d’amélioration de la santé publique par réduction des expositions toxiques (tabac, boissons alcoolisées, microparticules fines type diesel, pesticides, polluants industriels, nettoyants ménagers, etc) et par amélioration des aliments préparés industriellement (réduction des composants ultra-transformés, augmentation de la densité nutritionnelle, des composants crus et des éléments microbiotiques).

  3. On conduit depuis assez longtemps des politiques dont on ne cesse de se plaindre et dont on voit aisément les limites (dépendance médicalisée et son corollaire : les EHPAD, dont, en plus du coût pour l’Etat, les Personnes et les Familles, on a observé les limites structurelles (isolement groupé, solitude, une personne infectée et c’est l’hécatombe) lors de la pandémie.

    A une certaine époque, pas si vieille, les anciens mourraient chez eux, dans leur lit, en tombant dans l’escalier, dans leur bout de jardin, etc.

    Leur vie avait-elle été moins belle à vivre, moins aboutie, moins heureuse, que celles et ceux qui sont en Ehpad de 80 à 100 ans, voire plus, je ne pense pas.

    Et la prévention alimentaire ou climatique peut-être mais on pourra aussi être tué par l’anxiété ou autre chose du même style !

    On notera d’ailleurs qu’en EHPAD, on suit des régimes, on ne mange pas de sucres, pas de gras, on ne boit pas d’alcool même léger, rien, comme si un super principe de « prévention » devait nous conduire à vivre le maximum de temps au détriment de la qualité de la vie. C’est ce principe, effectivement gérontocrate, qui plombe l’ensemble.

    A mon humble avis, je pense le contraire et que les anciens devraient pouvoir prendre de tout et plutôt deux fois qu’une, et du bizarre qui rend aveugle (sic), à s’en faire péter le bide (sic) si besoin! Une partie d’entre eux en serait plus heureuse et se sentirait plus vivante, j’en suis sûr.

    D’ailleurs, combien parmi ceux qui vont visiter leur proche en Ehpad sont enthousiastes et sereins à l’idée d’y rentrer un jour? Pensez-y, c’est important pour commenter, analyser ou raisonner, modestement et prospectivement, sur telle ou telle politique dédiée.

    Supprimons ces EHPAD, ce principe de dépendance, cette maximisation de la durée de vie. Certes, on vivra un peu moins longtemps, mais Diantre que cela sera bien, et on ne sera plus en 2050 en train de constater, encore une fois, que les EHPAD – et la dépendance – coûtent chers et que les salariés, que je respecte car leur job est pas facile toute l’année et pas seulement en crise Covid, y sont souvent en sous nombre et sous-payés !

    Et en plus, on dégagera des moyens pour de l’intervention à domicile, des immeubles générationnels, de l’accessibilité, etc., et que les gens meurent chez eux, avec leur proches si possible, quand le temps est venu.

    On aura alors peut-être pas tout réglé mais pas mal quand même et on aura rendu de l’Humanité à une politique d’intérêt général qui s’en éloigne depuis très longtemps.

    Pour moi, cela ne va pas plus loin.

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