Tout cet affect dégoulinant !

Tout cet affect dégoulinant !

J’ai toujours préféré utiliser les réseaux sociaux plutôt qu’ils ne se servent de mes contenus. Autrement dit, en bloguant, je pousse mes contenus « originaux » vers Facebook, Twitter plutôt que de les embastiller dans ces bulles gazeuses nous conférant une visibilité très relative. Depuis quelques années, l’audience de Facebook explose celle de Google aux États-Unis au moment de Thanksgiving.

Ce n’est pas particulièrement rassurant : la plupart de nos publications y sont insignifiantes. Vous y trouverez pêle-mêle des photos des plats mangés au restaurant, des chiens et des chats, de la nouvelle voiture, des blagues à la noix, des faux ongles à Madame. J’en passe et de bien pires ! Je suis hélas comme tout le monde et il m’arrive de m’abandonner et de m’adonner à cet exercice d’expressions de bons sentiments narcissiques et dégoulinants. GénialTu es le meilleurBravoBisous… Entre nous, qu’est-ce qu’on en a à faire, surtout quand il s’agit, en plus, de communication institutionnelle ?

Pour les collectivités, les réseaux sociaux nous sont utiles. Ils nous permettent de communiquer, d’annoncer des événements, de pousser de l’information. Pour autant, leur efficacité reste limitée. Ils ne nous amènent que très rarement le public escompté. Pas plus que les papiers que nous distribuons dans les boîtes aux lettres. Pas plus que Panneau Pocket ! Notre monde est devenu volatile, sauf quand il nous faut remplir notre réservoir.

Malgré un enfermement de plus en plus important dans les réseaux sociaux, la porte d’entrée vers l’information reste les moteurs de recherche et Google tout particulièrement. J’ai lu la dernière publication de Nicolas où il évoquait la disparition des blogs politique proches d’une gauche dite de gouvernement, dans laquelle je me reconnais bien volontiers à tort ou à raison.

Oui, les commentaires à nos publications se sont, pour l’essentiel, déportés dans les réseaux sociaux. Et alors, cela ne signifie pas que nos blogs sont morts pour autant. Nous continuons d’alimenter Twitter et Facebook avec nos contenus. Cette lassitude des blogueurs qui les amène à arrêter d’écrire ne fait que d’accélérer leur fin de vie numérique, en échouant, tels des épaves, dans les sables en devenir du métavers. Nous écrivons d’abord pour nous-mêmes et la dépendance affective aux J’aime condescendants ne doit pas faire oublier que nous devons essayer d’être utiles aux autres. L’écriture peut nous permettre de contribuer au débat des idées. Les réseaux sociaux peuvent évidemment nous y aider, à condition de s’extraire de ce mécanisme puissant de rétraction nombriliste et dévastateur.

 

3 replies on “ Tout cet affect dégoulinant ! ”
  1. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas trainé sur un réseau asocial, mais il me semble que (pour toutes sortes de raisons), les contenus ont du mal a être aussi élaborés que sur un bon vieux blog, surtout sur Twitter, la cour de récréation du XXIe siècle. Et si vous voulez toucher les jeunes, il va falloir refaire vos fesses, les poster sur Instagram après avoir appliqué un filtre pour faire croire qu’elles ont à peine 14 ans ; il parait que c’est là et comme ca que ca se passe.

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