Un silence assourdissant

Un silence assourdissant

Il aura fallu que cette femme, habitante de ma commune, se fasse lourdement taper dessus par son mari pour qu’elle porte plainte et qu’elle lance une procédure de divorce. Ce que j’ai appris hier m’a bouleversé.

Les voisins de cette famille m’ont révélé avoir entendu les cris des enfants battus par leur père et surtout les coups qu’ils pouvaient leur porter avec une violence extrême. Les deux gamins ont été littéralement martyrisés dans l’indifférence de leurs voisins, sans que les forces de police ou moi-même n’en soient informés.

La loi en la matière est pourtant très claire.

  1. Toute personne témoin ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l’être doit signaler les faits.
  2. La non-dénonciation d’une situation de maltraitance dont on a connaissance peut être punie de 3 ans de prison et de 45 000 € d’amende.

Attention toutefois à la dénonciation calomnieuse !

Que ce serait-il passé pour la mère ou pour les voisins au cas où les violences aient entraîné l’hospitalisation, voire la mort d’un des deux enfants ? Les voisins m’ont dit qu’ils n’avaient pas à se mêler de ce qu’il se passait chez les autres. Que penser de l’attitude de la mère ?

Durant 16 années de scolarité cumulées, personne parmi les personnels de cantine et les équipes enseignantes ne s’est rendue compte du pot au rose. Les enfants se seraient tus. Il n’y avait aucune trace visible des brutalités subies, quand ils allaient à la piscine. Leur père savait donc les frapper à des endroits où les coups ne laissent aucune trace.

La violence faite aux enfants meurtrit les corps. Elle laisse aussi de lourdes séquelles psychologiques. Quelle sorte d’adultes seront ces deux enfants dont l’un est majeur aujourd’hui ? Reproduiront-ils ce qu’ils ont subi ?

Hier, le père des deux enfants est venu à ma rencontre pour me demander pourquoi la justice lui demandait de payer 254 euros, pour avoir tabassé son ex-compagne. Il osait contester la décision de justice. Alors, je lui ai dit gentiment et fermement de bien vouloir, sans rechigner, payer cette amende et accessoirement de me foutre la paix. Je pense très sincèrement que ce n’est là pas très cher payé compte tenu des éléments aujourd’hui à ma disposition.

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