Un vrai petit bonheur

Un vrai petit bonheur

Mon combat initié en 2019 contre la pollution aux nitrates et aux pesticides vient de connaître un rebondissement très inattendu. Suite à la mobilisation citoyenne consécutive à la hausse de 70% de leur facture d’eau décrétée par les services et validée par le bureau du SERPN, l’idée de créer une association pour appuyer ce combat s’est fait jour et je serai très heureux et très fier en tant que maire de l’accueillir à Saint-Eloi-de-Fourques. Ce combat est désormais devenu l’affaire de tous et je vous avoue que je me sens moins seul.

Quand le Tribunal administratif a cassé mon arrêté pris en juin 2019, il a, dans sa décision, expliqué que seul le Préfet de l’Eure était responsable et compétent quant à l’usage des pesticides et des nitrates dans nos territoires. L’État ne peut pas autoriser d’un côté à polluer et exiger des habitants qu’ils supportent toute la facture. Le principe pollueur-payeur a été inscrit dans l’article L110-1 du Code de l’environnement dans ces termes :

Le principe d’action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à l’environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable. Ce principe implique d’éviter les atteintes à la biodiversité et aux services qu’elle fournit ; à défaut, d’en réduire la portée ; enfin, en dernier lieu, de compenser les atteintes qui n’ont pu être évitées ni réduites, en tenant compte des espèces, des habitats naturels et des fonctions écologiques affectées ;

Ce principe doit viser un objectif d’absence de perte nette de biodiversité, voire tendre vers un gain de biodiversité ;

Le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur ;

4° Le principe selon lequel toute personne a le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques ;

Les agriculteurs, à l’exception de quelques salopiauds notoires qui dégazent leurs sulfateuses dans le domaine public, respectent la loi. Et c’est aux services de l’État de la faire appliquer. Dans ce qui se passe sur les plateaux du Roumois et du Neubourg, clairement, nous sommes face à une défaillance de l’appareil de l’État phagocyté par la Chambre d’agriculture, contrôlée par les agro-céréaliers de la FNSEA. L’organisation syndicale a aujourd’hui clairement pris le contrôle sur la politique environnementale – et pas que – mise en œuvre par les Préfets. J’apprenais hier que, désormais, la Chambre d’agriculture aurait son mot à dire sur tous les aménagements de sécurité au niveau du réseau des routes départementales. Finis les ralentisseurs et les rétrécissements de voirie revêtue ! Les agro-céréaliers ont obtenu, par dérogation, la circulation de bennes de 60 tonnes, qui défoncent allègrement nos canalisations et notre réseau routier.

Grâce à cette association à laquelle je vous convie d’adhérer, citoyens et élus, nous allons pouvoir faire entendre une autre voie.

2 replies on “ Un vrai petit bonheur ”
  1. Dans non coin de pays, un hydrologue était venu faire une conférence devant les maires du coin pour expliquer à quel point le réseau d’eau est en piètre état. Il avait (justement) ironisé en disant qu’on ne met pas assez de moyen dans la réfection du réseau d’eau potable, mais c’est pas grave, l’important est que tout le monde ait la fibre.

    1. @Cyrille

      Les agriculteurs ont obtenu de l’Etat de faire circuler des bennes de 60 tonnes. Quelle canalisation peut résister sans poutre au niveau des bords de voirie à de tels tonnages ? Aucune.

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