Une croissance faite d'externalités négatives

Une croissance faite d’externalités négatives

L’anthropocène, dont l’an I a été fixé très arbitrairement à 1784 a été marqué d’abord par l’utilisation du charbon. Nous nous ne pouvions pas transformer la terre en une gigantesque île de Pâques. S’en sont suivies des guerres dont le caractère industriel s’est révélé entre 1914-1918. A cette période, les Allemands inventèrent la chimie, plus tard le Zyklon-B. Puis, nous avons extrait le pétrole, le gaz et l’uranium des entrailles de la terre. Nous avons pollué, fabriqué la bombe d’Hiroshima et de Nagasaki. Grâce aux médicaments, nous avons allongé notre espérance de vie, tout en vieillissant de plus en plus mal. En mal d’occupation, nous cherchons désormais à bidouiller le vivant et à nous distraire en nous agglutinant l’hiver sur des tire-fesses, l’été sur les plages de la côte d’Azur, pour ne pas oublier la vacuité de nos vies. Mieux, l’homme a inventé le béton pour faire des bâtiments, des maisons à la laideur jamais égalée dans toute l’histoire de l’humanité, au point où certains ouvrages furent classés au patrimoine de l’UNESCO afin de l’encourager à continuer ces horreurs.

L’extraction de ce carbone, du charbon, du gaz et du pétrole enfoui depuis le carbonifère est en train de réchauffer notre atmosphère au point de nous poser la question de notre propre survie. Du fait d’une démographie galopante, nous accélérons l’artificialisation des sols. Nous chassons la biodiversité à coup de pesticides, rendant nos printemps toujours plus silencieux. Les agroculteurs produisent en France des pommes de terre pour les envoyer par camion en Belgique et nous les retourner par camion sous forme de chips grasses et dégueulasses, bourrées de résidus de fongicides. Nous faisons en sorte, chaque jour, que notre planète soit toujours plus invivable. Nous sommes gouvernés par l’hybris, par l’ego d’hommes – de « banquiers » – qui n’ont que le souhait de s’enrichir sans penser aux autres et aux générations futures. Nos dirigeants sont à notre image… Des minables.

Le mythe d’une croissance infinie dans un monde de ressources limitées n’est que balivernes, auxquelles continuent de croire les ingénieurs du nucléaire et les agriculteurs de la FNSEA. Ils ont arrêté d’aller à l’église le dimanche. Alors, ils s’émerveillent de notre capacité – très inutile – d’envoyer des hommes sur la Lune. Suite à la crise sanitaire, nous allons injecter des milliards pour consommer encore et encore, en polluant toujours plus. Alors nous recyclons nos déchets ménagers, en les transportant en camions et en bateaux, en Inde et en Afrique. Nos arbres, notre lin, nos céréales produites à coup de subventions pour payer les produits aux industriels et aux négociants de l’agrochimie sont envoyés en Chine. Ils y sont transformés en produits que nous achetons pas cher grâce à un euro fort. Il est désormais question de revenu universel. Il faudra bien payer un jour les gens à ne rien faire, même si les industriels ont inventé l’obsolescence programmée, pour que nous puissions continuer d’acheter et de produire. Nous sommes sauvés… très temporairement. Hollywood, Netflix et toutes ces séries imbéciles sont là pour nous distraire.

Alors, pourquoi isoler nos maisons et nos bâtiments, alors que la consommation énergétique génère de la TVA ? Pourquoi télétravailler, alors que nous pouvons passer des heures à ne rien faire dans les embouteillages à consommer du carburant très inutilement ? Pourquoi manger sain, s’il vaut mieux être malade, en payant grassement les labos en médicaments et traitements anti-cancéreux ? Pourquoi baisser notre empreinte carbone, alors que l’État se gave de TIPP ? Pourquoi choisir une voiture qui consomme 4 ou 5 litres au 100, lorsqu’il y a une jouissance morbide à envoyer 10-12 litres et plus dans l’atmosphère, en faisant vroom-vroom à bord d’un gros engin en témoignage de notre puissance et notre « virilité » prométhéenne ? L’anthropocène se fonde sur les externalités négatives, une sorte de forme évoluée de la bêtise humaine. Elles en sont le moteur. En 1992, Francis, Fukuyama nous parlait déjà de la fin de l’histoire. Certes, il n’y mettait pas le même sens, évoquant en notre civilisation le stade suprême de l’humanité.

Et, tiens au fait, c’est quoi le sens à tout ça ?

8 replies on “ Une croissance faite d’externalités négatives ”
  1. A mon avis, tu es pessimiste. Smiley. A nous (qui ?) de permettre la promotion d’une politique qui permettent d’éviter des conneries comme la plus belle que tu cites : envoyer des matières premières en Chine pour qu’elles soient transformées avant qu’on les importe.?

    Malheureusement, les écolos français (en tant que mouvement politique) veulent imposer des imbécilités par la contrainte et ne gagneront jamais.

    1. @Nicolas

      J’ai comme cette impression que nous subissons de plus en plus de contraintes. Quant à mon texte, je le trouve encore très optimiste : nous sommes vivants malgré tout ça.

  2. Et pour compléter toutes ces joyeusetés, il serait possible d’ajouter les énergies dites vertes.
    L’éolien par exemple qui a besoin de beaucoup de pétrole pour la matière plastique de fabrication de ces engins, ou encore pour fabriquer le fil de verre qui assure la solidité des éléments, ou encore le béton du socle de ces machines (de mémoire 600 tonnes pour une machine de 50 m).
    Nous ne sommes pas encore entré dans le domaine du solaire dont on ne sait pas encore recycler les éléments défectueux …
    Ah au fait j’allais oublier l’hydraulique qui provoque un réchauffement d’environ 5°C des eaux entre l’entrée et la sortie du barrage …

  3. Bravo pour cette belle synthèse sur l’impasse écologique dans laquelle s’est engagée notre espèce pensante, qui n’est peut-être qu’une impasse évolutive (l’évolution procède par essais et par erreurs appelées à disparaître).
    Ce dont n’ont pas idée les inlassables (p)artisans du réchauffement climatique, dont certains projetent d’aller réchauffer la planète Mars par effet de serre pour faire fondre sa glace et surtout s’y installer quand la croissance sera devenue impossible sur Terre. C’est tout aussi réaliste que la fusion nucléaire de l’Hydrogène, dont les recherches coûtent fort cher depuis plus dun demi-siècle !

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