Une entreprise de démolition signée Blanquer et Macron !

Le projet de loi proposé par le ministre de l’Éducation Nationale s’inscrit dans une entreprise de démolition des services publics. Alors que nos écoles primaires doivent aujourd’hui accueillir des pathologies d’enfants très lourdes sans moyen supplémentaire, le ministre propose aujourd’hui d’envoyer nos enfants de CM1 et de CM2 dans les collèges.

Pour nos enfants, cela signifierait se retrouver aux côtés de pré-ados de 3e, dans les mêmes établissements, plutôt que de suivre une scolarité dans des lieux à échelle humaine taillés pour eux. Cela induirait pour eux un allongement des temps de transport scolaire et une diminution conséquente de leurs heures de sommeil. Est-ce que Macron a compris quelque chose au mouvement des gilets jaunes ? Faut-il que nous, élus locaux, nous nous joignions au mouvement ? Je dois vous dire que cette fois, j’hésite. Si nos classes ferment, à terme, ce sont nos villages qui se dépeupleront de nos habitants. J’en ai marre de cette vision comptable de hauts fonctionnaires payés grassement pour le temps passé à utiliser Excel et qui ne connaissent rien à la réalité de nos territoires.

Emmanuel Macron nous a menti sur l’école et c’est tout simplement inacceptable. Face aux problèmes que nous rencontrons dans notre SIVOS EPBM, ma femme et moi avons décidé de scolariser notre fille Emma dans le privé. Rendez-vous compte… Le Maire d’une commune rurale de 540 habitants préfère mettre sa fille dans l’enseignement confessionnel que dans l’école de la République.

J’ai fait une lettre au ministre pour lui demander de surseoir à la suppression d’une classe de notre regroupement scolaire, en demandant de doubler la classe de CP, face aux problèmes de violence que nous rencontrons et qui empêchent les enfants d’apprendre correctement. La situation de l’école publique en zone rurale ressemble de plus en plus à celle des REP. La destructuration du tissu familial à coup de jeux vidéos violents, de tablettes et de mobiles sur lesquels les enfants sont laissés errants, exposés à la pornographie dès leurs plus jeune âge montre à quel point notre société est en train de se disloquer. Quand on demande à un enfant de CM1 pourquoi il utilise Facebook, il nous répond : « parce que, là au moins, on m’aime » ! Certains enfants ont expliqué à leur institutrice qu’ils étaient obligés d’arracher le téléphone mobile des mains de leurs mères pour qu’elles aient un peu d’attention à leur égard. Notre République est mal en point et nos écoles constituent sans doute le dernier endroit où nous faisons encore société. Et ce n’est pas en liquidant nos classes en milieu rural que ça ira mieux !

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