Une journée particulière

Avant toute chose, je tiens à remercier très sincèrement Bernard pour l’organisation de cette belle journée, si singulière, si particulière.

La visite de Fénelon, d’abord

Le lycée Fénelon

Dimanche matin, nous avions rendez-vous à 10 h 00 aux portes du lycée Fénelon d’Elbeuf, nous les anciens de la promotion 1979-1980 de la classe de 1ère C. Manquaient à l’appel Martine, Jean-Pierre, Marie-Hélène – qui nous a rejoints l’après-midi –  et Valérie. Sachez que vous nous avez manqué. Jean-Pierre, pour ton magnifique sourire d’enfant resté intact. Valérie, pour ta bonne humeur qui te fait défaut en ce moment. Martine, pour tes histoires croustillantes, ton regard profond et pétillant à la fois ! Nous avons revu Anne-Marie et Patrick qui n’étaient pas présents lors de notre rendez-vous du 31 janvier. J’ose croire, un jour, que nous pourrons enfin tous nous retrouver. Dépêchons-nous : le temps nous est compté, même si, pour l’heure, nous sommes en bonne santé !

C’est donc à 10 h 00 pétantes que l’actuel directeur de Fénelon nous a ouvert les portes. En dehors de l’étude, devant nous, tout avait changé. Des piliers et un bâtiment traversaient la cour, à l’endroit même où nous faisions le saut en hauteur avec Monsieur Leroy. Plus de préau sur notre gauche, où nous jouions à la balle au mur. Passé le choc, nous avons bifurqué à droite, avec empressement, pour retrouver les vieux bâtiments restés intacts et notre classe de 1ère C. Et, là, surprise, notre classe avait été doublée avec celle d’à côté. Tous nos repères étaient chamboulés. Philippe, François et moi avons trouvé que tout était devenu trop petit, étriqué même. Très vite, je me suis aperçu que nous étions encore empreints du regard d’enfants de 6e, et, pour François et moi, d’enfants de CP et de CE1 scolarisés alors à l’école primaire de Saint-Jean, alors que nous allions déjeuner tous les midis à la cantine du lycée.

Puis, nous sommes allés nous recueillir dans la chapelle, refaite à neuf, si je puis dire, en 2016. Dès la 6e, j’avais plaisir avec quelques uns à y chanter en playback à l’occasion des messes données le mardi par le père Bardon, si je me souviens bien. L’étude, quant à elle, a été rabotée, amputée, enlaidie et affublée de piliers et d’un plancher dont elle n’était pas  dotée à notre époque. J’avais l’impression d’avoir été un hobbit dans une vie antérieure. A la demande générale, le directeur du collège-lycée nous a conduits ensuite à l’annexe, là où nous faisions le catéchisme. Mes ex-camarades de classe évoquèrent alors une prière conduite sous les hospices de Monsieur Tombosco, dans la chapelle de l’annexe, à l’occasion de la mort de Jean-Paul Ier… en 1978 (???). Les souvenirs et les dates s’embrouillaient quelque peu. Avec Anne-Marie qui ne me reconnaissait toujours pas, nous partagions nos souvenirs de 6e 2 et de 5e 1 avec Madame Denis et Madame Reboul. Je la sentais embarrassée et je m’amusais à faire durer le suspense.

Pour ceux d’entre nous qui espérions encore échapper à l’irrémédiable avancée du temps, cette visite nous aura permis de comprendre que le contrat était déjà bien entamé. ;+)

Le relais de chasse de Muids

Relais de chasse de Muids

Bernard nous avait ensuite conviés au relais de chasse de Muids. Loin de la civilisation, la flore, la forêt présentes y sont d’un rare diversité. Grâce à son couteau de survie lui permettant de faire des bûchettes extra-fines, Christophe parvint à allumer le feu de cheminée. Jean-Luc avait mis en œuvre un diaporama, montrant des images de notre jeunesse éloignée. Et c’est sous un magnifique rayon de soleil qu’Alain, Françoise et leurs conjoints nous ont préparé un superbe apéritif, assorti de verrines et d’un remarquable punch fait de mains de maître par Nathalie. Je ne me souviens plus très bien de ce que les uns et les autres auront amené. Toujours est-il que j’ai particulièrement apprécié le chorizo portugais ramené par François et la bouteille de Rioja 2014, le gâteau de Nathalie servi avec la salade de fruits que j’avais préparée. Et merci à toi, Anne-Marie, pour cette délicieuse moutarde de Meaux que j’ai goûtée ce soir avec quelques frites. Bernard avait commandé un repas froid et il aura fallu se partager les restes.

Thierry a agrémenté notre repas de musique des années 80. Toute une époque. Notre époque. François me disait être nostalgique de la musique de ces années-là. Beaucoup d’entre nous semblent avoir un peu de mal avec le métal, le grunge, le rap et la techno. L’horreur pour nos oreilles qui ne sont même plus capables aujourd’hui de capter les aigües dans les fréquences comprises au delà de 14000 Hz ! Le début de la vieillesse est un naufrage. Alors que nous discutions, Bernard s’est soudainement affublé d’une fausse paire de fesse et d’une fausse paire de seins. Un drôle de paroissien, assurément ! En plus de nous recevoir, il aura fait le show. Merci, Bernard. ;+)

Et puis, Marie-Hélène est arrivée. Cela faisait 6 7 ans que nous ne nous n’étions pas revus. Une éternité. Et elle n’a pas changé. Juste un peu amaigrie par le stress et la menace de la COVID-19. Nos discussions se prolongeaient avec Anne-Marie, Christophe et François. Nous parlions de tout et de rien, de nos vies. Je n’aurai pas  eu suffisamment de temps pour papoter avec Alain, Arnaud, Françoise, Philippe, Ludovic, Florence, Jean-Luc, Nathalie, Patrick, Thierry et Bernard. L’exercice est compliqué dans un espace temps aussi réduit. Et, puis, alors que l’après-midi était déjà bien entamé, Bernard nous demanda si nous souhaitions rester à dîner. Cela faisait déjà une petite heure que plusieurs d’entre nous s’affairaient à ranger. Nous avons dû décliner l’invitation compte tenu de la route pour les uns, compte tenu de nos obligations « familiales » pour les autres. Nous eûmes, avec Arnaud,  tout juste le temps d’évoquer le confinement et le niveau inédit de violences intra-familiales qu’il aura générées.

Au moment de partir, Florence nous a fait un grand numéro sur le perron du relais de chasse, avec toute l’énergie et la drôlerie que nous lui connaissons. Nous avions du mal à nous quitter, en cette période où nous n’aurons pas pu nous papouiller. Florence aura permis à Nathalie et Thierry de faire travailler leurs magnifiques pattes d’oie, une fois encore. Puis, nous sommes remontés dans nos voitures, groggy par cette journée si particulière, retrouver nos vies d’avant 10 heures. Je garderai de ce moment la mémoire de regards et de mots bienveillants, de sourires et de rires, de rides… de nos magnifiques rides, de notre joie à être ensemble tout simplement.

Bises à vous tous et à très bientôt, j’espère !

 

Denis.

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