Une vie de maire peut être une vie de merde, sans aucun doute.

Une vie de maire peut être une vie de merde, sans aucun doute.

Il ne m’aura rien été épargné.

La photo qui illustre mon propos du moment est celle d’un des toilettes de la salle d’activités de la commune dont je suis le Maire. Hier soir, le locataire du week-end, au moment de l’état des lieux, m’a expliqué que la propreté laissait à désirer. De fait, j’ai pu constater qu’un enfant de la cantine avait laissé à la postérité une partie assez grossière de son ADN issue de son 2e cerveau. Et comme la cuvette aura été « oubliée » par les femmes de service, le « pneu » s’est asséché et est resté collé nonchalamment à la cuvette. Ce matin, aux alentours de 8 h 30, c’est donc avec l’insistance et l’énergie qui me caractérisent que je suis parvenu, muni d’un ballet à chiottes et de gel sanitaire écologique,  à décoller, non sans mal, le mouchetis. Qui d’autre pour faire le sale boulot ? Personne.

Dans mes fonctions de maire, je suis souvent amené à nettoyer les écuries d’Augias : la niche à chiens qui devrait être exclusivement dédiée à la collecte des cartons et qu’il convient de débarrasser régulièrement d’objets délaissés par des personnes fort indélicates ; les poubelles vertes et jaunes de la salle d’activités dans lesquelles les déchets se croisent ; le nettoyage des gouttières de l’école obstruées par des balles ou autres ballons. J’ai même dû, avec Stéphane, débarrasser la commune de Malleville-sur-le-Bec d’un tas d’ordures de 300 kilos dont personne ne voulait s’occuper. Le maire de cette commune, un personnage fort antipathique de l’avis de ses propres habitants, m’avait dit que ce n’était pas son boulot de mettre les mains dans la merde.

Dans le cadre de mes fonctions de maire, je ne m’attends à aucune forme de reconnaissance de la part des autres. Mais, voyez-vous, j’aurais eu au moins, dans ma vie, cette fierté très personnelle – et je l’espère très éphémère – d’avoir nettoyé la merde d’une personne que je ne connaissais pas. C’est un acte d’une grande générosité… de la part de celui ou celle qui nous l’aura laissée en vestige. Va-t-il falloir apprendre, aux enfants en âge de le faire ou à des accompagnants qualifiés parfois de parents, à se servir d’un ballet à chiottes ? Je le crains.

2 replies on “ Une vie de maire peut être une vie de merde, sans aucun doute. ”
  1. « [[…]] avoir nettoyé la merde d’une personne que je ne connaissais pas ». On voit que vous n’avez pas fait votre service militaire ! 🙂

    1. Service civil de 21 mois dans la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs, où j’ai beaucoup appris et beaucoup donné. Bien plus utile que les corvées de chiottes et de pommes de terre, les unes pouvant découler des autres.

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