Uranium + Thorium = Delirium pas mince

Uranium + Thorium = Delirium pas mince

Le fait que l’homme se prenne pour Dieu n’est pas nouveau. Dans la mythologie judéo-chrétienne, son hybris l’amenant à élever la tour de Babel lui valut d’être exterminé par son créateur. Chez les Grecs, le titan Prométhée lui confia le feu à l’insu de Zeus, ce qui valut au Titan le droit de se faire bouffer le foie durant de très longues années.

Avec l’avènement du capitalisme, la technique amena l’homme à fabriquer la bombe atomique avant de s’intéresser à la manière de chercher à dompter en vain l’énergie nucléaire. Et dans son délire prométhéen, les normopathes pro-nucléaires de l’ultra-centre reparlent du réacteur à sels fondus, alimenté à l’uranium et au thorium. Très vite, ce type de réacteur a été abandonné au profit du réacteur à eau pressurisée dont le dernier avatar est l’EPR. La raison de l’abandon de cette technologie est due à la production d’uranium 232, matériau hautement radioactif et à l’impossibilité de retraiter le combustible, sans parler des problèmes de corrosion des cuves. Si l’homme brûle instantanément en présence de forte radioactivité, les robots, irradiés de toute part, finissent par s’arrêter comme à Tchernobyl et Fukushima, obligeant les retraités japonais, les soldats et les pompiers soviétiques à se sacrifier à la manière d’un Icare croyant pouvoir approcher le soleil avec des ailes en cire.

Ce qui me semble très inquiétant, ce sont toutes ces startups charognardes qui cherchent à tout prix à se faire du gras avec le réacteur à sels fondus ou la fusion. Il serait temps que les pouvoirs publics s’inquiètent du risque d’utilisation d’une technologie impossible à maîtriser et de la prolifération de déchets qui seront lâchés immanquablement dans la nature, comme s’apprêtent à le faire les Japonais avec les millions de litres d’eau irradiée issue de Fukushima. Décidément, à part les Allemands et les pays du Nord de l’Europe, nous n’avons rien compris des catastrophes de 1986 et de 2011. Il nous faut impérativement sortir du nucléaire et le plus vite sera le mieux.

 

7 replies on “ Uranium + Thorium = Delirium pas mince ”
  1. Je veux bien être anti-nucléaire civil mais j’ai besoin de solutions réalistes et fiables. Pour regarder Netflix la nuit ou accessoirement prendre une douche plus ou moins chaude lors d’une journée sans vent, on fait comment ? On attend que tous les Français aient rechargé leurs bagnoles électriques grâce aux centrales au gaz pas de Russie ?

    1. @Cyrille

      L’ADEME et Negawatt ont présenté un scénario de double sortie des énergies fossiles et du nucléaire d’ici 2050. Et les pays d’Europe du Nord ont opté pour ce scénario. Le nucléaire sera notre tombeau économique ou notre tombeau tout court.

      1. L’ADME a aussi présenté des scénarios qui conservent tout ou partie du parc nucléaire et il me semble que Negawatt propose de pallier l’intermittence avec … des centrales au gaz ? Mais globalement, on propose de remplacer une électricité bas carbone par une autre bas carbone. C’est le même schéma de pensée qui a consisté, à grands frais, à remplacer un compteur qui compte (depuis 1976 dans mon cas) par un compteur Linky qui compte mais qui devra être remplacé dans 20 ans au mieux (source enedis). Or, la réalité est que personne dans mon coin de pays n’est irradié mais nous sommes en train de subir la 4è sécheresse en trois ans. Je vois de ma fenêtre des arbres sécher et je viens tout juste de finir nos 1000 L d’eau conservé durant l’hiver. Les éoliennes ne nous sont d’aucun secours. Vous vous souvenez « du monde d’après » ? Ben c’est loupé, Macron a fortement aidé des industries émettrices, comme le transport aérien. Voilà où résident l’urgence et les vrais problèmes.

        1. @Cyrille

          Nous ne quitterons pas les énergies fossiles d’un coup de menton. Comment assure-t-on l’intermittence du nucléaire, les 12 réacteurs à l’arrêt, la baisse du niveau des cours d’eau ? Actuellement, au charbon.

          1. Exact. Cet hiver, le pays a dû redémarrer ses deux dernières centrales au charbon car les éoliennes, faute de vent, ont été incapables de compenser les 12 réacteurs en maintenance à ce moment-là… Un peu comme en Californie en 2020, mais ici c’est les 2 centrales au gaz devant compenser le renouvelable qui n’ont pas démarré. Patatras. Tout ca me semble bien fragile !

          2. Où en est le parc éolien en mer ? Et les hydroliennes ? Et les réseaux de chaleur urbain ? La géothermie ? Le solaire ? Les techniques de stockage de l’électricité avec l’air compressé comme dans les champs éoliens aux Etats-Unis pour restituer le courant à la demande ? La technologie Pantone couplant eau et carburant ? Le nucléaire nous empêche de réfléchir. Il nous empêche d’agir autrement. L’EPR était prévu à 2 milliards. Il nous coûtera 20 milliards. Une broutille !

        2. Il n’y a pas que les éoliennes mais tout un éventail de technologies qui permettent ou permettront de se passer du nucléaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.