Violences d’État

Violences d’État

Quand j’ai vu les vidéos des exactions policières du jeudi 23 mars, j’ai dit à ma fille qu’il ne fallait plus avoir confiance dans la police. J’ai toujours détesté la violence physique, m’y étant résigné quelques fois par le passé pour me défendre. J’ai été mis en joue une fois par le passé par un habitant quelque peu agacé, parce que son fils avait mis en garde à vue pour avoir apeuré des enfants dans un bus. Je m’étais proposé au maire de l’époque d’aller calmer cet ex-voisin quelque peu facétieux.

Œil crevé, doigt arraché, tir de LBD dans les parties génitales… Les forces de l’ordre ont eu consigne de taper sur tout ce qui bouge, sans discernement, pour dissuader le bon père de famille de participer aux manifestations à venir. Notre démocratie va mal. Sous les coups de boutoir d’un individualisme forcené, exacerbé par la destruction des services de l’État, la privatisation des communs et la privation de l’exercice démocratique, parler de violence légitime émanant de l’appareil d’État me semble d’un cynisme absolu. Non, les flics n’avaient pas à tuer Rémi Fraisse à Sivens. Et, malgré que l’État a été condamné, le pouvoir remet l’ouvrage sur le métier. L’objectif de la présence policière à Sainte-Soline est de protéger un ouvrage visant à privatiser l’eau au profit d’une agriculture productiviste, cette autre cause du réchauffement climatique. Les principaux opposants à ce projet sont les autres agriculteurs qui ont choisi un autre modèle que celui de la FNSEA et qui ont besoin d’eau. La violence légitime est clairement aujourd’hui du côté des manifestants, alors que l’État est systématiquement défait devant la justice administrative pour avoir validé ce type de projets.

« Macron, démission« 

J’ai cru comprendre que les syndicats de policiers commencent à ruer dans les brancards par rapport à l’instrumentalisation des forces de l’ordre faite par le pouvoir. Une crise économique et sociale ne peut pas se résoudre à coup de gourdins, de bombes lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de tirs LBD. Il y a eu 200 blessés parmi les manifestants, 37 parmi les forces de l’ordre. Le pronostic vital est engagé pour 3 manifestants et 2 gendarmes. Le seul responsable de ce carnage, c’est clairement Emmanuel Macron. Samedi soir, comme une grande partie des spectateurs présents au Stade de France attendant la 49e minute, j’aurais scandé « Macron, démission« . D’autres présidents auraient cherché à calmer le jeu. Lui, clairement, met de l’huile sur le feu. Je me demande désormais si son cas ne relève pas de la psychiatrie clinique.

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